La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

178 LA REVUE SOCIALISTE de Hegel (1), on a irouYé quelque durt>ié dans la conduite cl'Antigone à l'égard <le8a jeune sœur: il y a la, en effet, un peu il'op do rigueut', et plus clignede SparLcque <l'Athènes.J\Iaisque sïl Yousfaut des héroïnes Yéritablement «angéliques», suiYant le terme employé pal' les modemes pour exprimer <lessentiments très anciens dans notre race, ouveez encore Eu1·i 1üclc,cc poèt.eexquis si soUement rabaissé pa.eles pédants de collège, ernf)l'cssés a se copier les uns les autres età reproduire,sans examcn,les calomnies intéressées clu1·éactionnaire Aristophane. Jamais üerges plus pudiques n'ont pal'U sur aucun théàtre, unissant plus de gràce à plus (le dig-nité. « Cette Iphigénie, cette Polyxène (lle'cube), cette Macaria (les Iléracticles) qui clans la fleue de la jeunesse et de la beauté, se déYouent ayec une si pénible constance ou un si géné1·eux enieaînement à un trépas prématuré; cette Evadné (les Suppliantes) qui se précipite dans le bûcher de son époux à qui elle ne Yeut pas survine ... Voilà, dit M. Patin. des tableaux aussi nobles qu'ils sont touchants. On ne saurait s'y arrèter sans qu'aycc les larmes amères que fait répandre l'aspectdu malheur ne se conConclentaussitôt ces larmes plus douces qu'on ne peut retenir deyant 1esreprésentations du beau moral.»(2). Mais l'étude rapicle d'un ::;ujcttraité à la fois par Euripide et par un poèt.e chrétien, fera mieux ressortir le sophisme des prédicateurs saceés on laïques qui nous vantent, par ignorance ou par intéi·èt, la snpériol'iié cle la morale sémitique. Je prie d'abord les personnes qui ~e sont <lésaet.iculé la màchoii·e à force <le Miller aux rept'é-;entations de nos tragé<lics classique:-;, de tenir pour certain que ces « machine-- » n'ont l'ien de commun avec lt spectacle adü1irable, tenant à la fois <lenot.rc drame et de noti-e opéra, qui passionnait à ju;-;te titre les milliers d·Atnéniens assemblés dans le théùtre de Dyonisos; cela soit clit sans YOuloirdiminuer le mél-ite des beaux Yers cle Racine et surtout <leCorneille, beaucoup plus intéressants d'aillent·;-;à liee dans le silence du cabinet, q-:.dtcnLendre déclamer dans le vide d'une scène française. Ces résenes 1aitc;;;_e.t tonies choses é6 ales d'ailleurs, qui ne sent clu 1)l'emier coup la ::;upérioritéde l'Iphigénie <l'Euripidesurcelle de Racine aYecson langage de demoiselledeSaint-Csr, faisant sa soumission à ses parents : Mon père, Cessez de vous troubler, vous n'ê:es point trahi; Quand vous commanderez vous seter. obéi. (3) Quelle _Doupée! Et comme c'est là le langage d'une jeune fille ap- (1) Hegel, Aesthetik, in Sèimmil. We,·ke, tome X, p. 556. "Pa,mi tous le3 chefs-d'œuvre du monde ancien et moderne, l'Antigone m'appa,·ait sous ce rapport comme le plus parfait et le plus complet. » (2) Patin, Elu.des su.r les tragiques Grecs : Eschyle, p. 49. (3) Racine, Iphigénie en A u.lide, act. IV, se. 4.

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