LE BILAN DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 175 M. J. Girard fait allusion, et ce soi--disant esprit de l'antiquité, « auxiliaire le phis puissant du christianisme» selon M. de Laprade1 ne sont que des formules d'un caractère entièrement subjectif. Il ne s'agit ici que d'une corruption de la penséeet des croyances aryennes primitives, par le fait surtout des prêtres deDelphes, sous l'influence des divagations Egyptiennes et Pythagoriciennes, de mème que le Brahmanisme fut une corruption des doctrines toutes naturalistes des Vedas sous l'influence des Brahmanes. Ce sont les prêtres de cette religion delphique, chére à OtfriedMüller(!) et à M.Curtius(2), qui feront tous leurs efforts pour assurer le triomphe de l'aristocratie et pour ruiner la démocratie Athénienne : ce sont eux qui, avec le concours d'Aristophane, tenteront de faire périr les philosophes athées, les Protagoras et les Prodicus, et n'arriveront, par suite de la plus étrange confusion, qu'à exterminer précisément leur ami Socrate. Cette religion favorisera dans le même ordre 'd'idées, l'introduction et la propagation des mystères, triste avant-coureuP du Sémitisme. Mais, je le répéte,elle n'a rien de commun avec l'esprit hellénique proprement dit, qu'elle ne pénétra jamais comme il apparaît clairement par l'étude des chefs-d'œuvre de l'art et de la philosophie de l'IIellacle. Ce qui caractérise surtout l'Aryen grec, c'est l'amour de laBeauté, de la Nature et de la Liberté. Aucun peuple ne fut plus soucieux de la belle harmonie des formes et.de l'intégrité des facultés physiques; aucun ne comp1·itmieux comment l'esprit ne peut s'épanouir en son plein développement que dans des corps sains et bien cons• tit.ués. Et de fait, la race qui a su admirer et reproduire par le ciseau des types comme ceux du Thésée du Parthénon et de la Vénus Callipyge, était seule capable de produire, et dans un aussi court intervalle, les plus grands génies dont s'honore l'Humanité, dans le triple domaine de la Philosophie, des Lettres et des Arts, en même temps qu'elle créait la forme politique la plus parfaite, destinée à paraître éternellement comme le prototype de toute constitution vraiment démocratique. Les Juifs seuls et les Chrétiens, ont pu soutenir qu'une nation aussi accomplie leur était cependant inférieure au point de vue du sentiment et de la moralité. Je laisse ge côté l'esclavage dont les intéressés nous font une perpétuelle objection : j'y reviendrai plus loin, me contentant de faire observer que cette institution, en honneur autrefois chez les Hébreux, est encore en vigueur aujourd'hui chez des nations chrétiennes, avec l'approbation tacite de l'Eglise, (1) O. Müller, Die Dorier, Breslau, 1821'. Voy. surtout tome I, p. 365 sq. (2) E. Curtius, Histoire grecque. Livre II. ch. 4. (Traduction Bouché~ Leclerq, tom. II. p. 1', sq. et p. 64- 65.) •
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