LE BILAN DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 173 ses souYenirs et de ses enseignements, il y a encoee un choix à faire. Ce n'est pas aux. Do1·iens,ce n'est pas aux durs Spartiates que sont dues toutes ces conquêtes en <les champs si diYers, mais bien à la branche Ionienne, dont la « cliYine Athènes » apparaît comme la plus parfaite et la plus brillante incamation (1). Que le lecteur Yeuille bien cl 'abord tenir comme non avenues les théories ex.posées dans le lin·e sayant,mais absolumentdéfectueuxau point de nie sociologique que M. Fustel de Coulanges a publié sous le titre <lela « Cité antique. » L'auteur (le ce liYre consciencieux., mais trop vanté, réduit toute la Yie sociale, en Grèce et à Rome, à une série de pratiques relgieuses. Ce n'est pas sérieux, et, faute d'une définition ex.acte des termes, cela donne lieu aux plus fausses interprétations. Le culte des ancêtres et celui <les <lieuxprotectems de la Yille se confondaient - il en convient lui-même - ayec l'idée de famille et cle patrie, fait en contiwliction absolue ayec ce que l'on entend aujourd'hui par " religion » et « deYoirs religieux. » De plus, les cérémonies de ce culte n·ayaient plus,dans la Grèce civilisée qu'une importance secondaire, comme il est facile cle l'établir en peu <lemots. Car enfin, il y a un homme qui a éci-it un traité de mol'ale et de politique, en G-rècemême, et pour ses compatriotes; il cite les constitutions d'un grand nombre d'Etats; il étudie à fond la morale, la propriété, le gouYcrnement, la famille, l'éducaiion, etc. Nulle part il ne se peéoccupe de cet te religion qui, cl'ap1·ès notre auteur, aurait tout dominé. Cet homme, c'est Aristote, auquel M. Fustel de Coulanges aurait bien fait d'emprunter quelques renseignements. Dans tous les cas, le· théoeies qu'il émet, si tant est qu'elles soient même exact.es à ce point de vue, se rapportent beaucoup moins à la Cité antique, au sens où l'on prend généralement cette expression, qu'aux origines de la ciYilisation, aux temps préhistoriques et faouleux. cl'Eeechthée et cle Romulus (2). Certes les Grecs furent un peuple moral et pieux, au sens humain rlu mot. << Mais cette moralité et cette piété, clit excellemment M. Adolf Hohn, sont chez eux rexpression de l'acco1·1linstinctif tle tous, et non la manifestation d'une théorie enseignée par une autorité supél'ieure. (1) Je ne m'arrête même pas à refuter l'opinion un moment prédominante - grâce à l'érudition de demi-savants, exploitée par la critique israélité, et qui faisait remonter à l'Orient, entendez aux Sémites, Phéniciens et autres, les sources de l'art et de la civilisation grecque. Que les Phénicieus aient apporté sur les côtes de !'Hellade et dans les Iles, des échantillons de l'art de l'Egypte et de Babylone, cela n·e st pas contestable. Mais ce qui l'est encore moins, c'est le fait du développement spontané de l'œuvre admirable des Aryens grecs, qui ne pouvaient tro:iver qu'en eux mêmes les éléments de cette J.i'erfectiou définitive, bien faite pour donner un éclatant démenti, en ce qui concerne l'es-. thétique, à la théorie du progrès indéfini. • (2) Voir mes observations à ce sujet dans 1'Athéi$me1 p. 77,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==