La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

172 LA REVUE SOCIALISTE résume en effet dans cette phrase : « Je persiste a penser que, quelque grancle que soit la pai·t du Judaïsme Galiléen clans la révolution chl'étiennc, celle de l'IIellénisme est de beaucoup la plus consiclé1·abloclans le cheist.ianisme une fois constitué,' dans celui qui remplit rhistoi1·e et au milieu duquel nous vi"rnns encore aujourd'hui.>) (1). Si l'auteur prenait ici le mot << clll'étien » dans le sens d'humain, - comme cela se fait cl'nne façon courante en Anglete1·re, et quelquefois chez nous-, ce serait beaucoup moins fi:lcheux.:encore eüt-il fallu s'expliquer. Mais il ya plus loin, et il est tout a fait sans excuse c1uanclil prétencl retrotn-ec une pal'tic des aberrations cl1l'éLiennes clans la pensée et la ciYilisation ,lu rnornle ;_u'yen.Dans tous les cas, il ne fallait à aucun JH'ix.éc1·il'e que « le monde chrétien Yaut mieux que le monde païen, bien que l'on ne doiYe pas s'ex.agére1· cette amélio1·ation et :encore moin:-; l'opposition p1·ét.encluecle CC'sdeux mondes. » (2) La Yérité est que l'on ne saurait ex.aµ:é1'e1c·ette opposition, comparable seulement a celle <lujom· et <le la nuit, <le la Yie et clc la mort. Non! on ne 1wouYera jamais que le monde chrétien yaut mieux que le monde païen. Tout ce que l'on est en tfroit d'affirmer, c'est que le moncle .A.1·,renactuel yaut mieux que l'ancien, de tout ce que l'esprit humain a pu réafo,er mal,qré le Chn;stianisme et. qu'il nrnt moins, de tout cc f1ll0 le Christianisme et le Juclaïsme lui ont fait perdi·e soit positi,·ement soit cl'une façon négatiYe, par l'obstacle apporté pendant le cou1·s des siècles à son libre déYeloppement. Cette fol'mule. ex.pression incontestable <le la réalité des choses, suffit amplement. a sauYep:arder la grancle doctrine de l'Eïolution, dont les lois, du reste, n'ont, en aucune façon, pour résultat, pas plus clans le monde des idées que clans celui <les choses natu1·elles, un progrès continu et in<léflni. Un coup d'œil jeté sur l'état de la société en Grèce et a Rome, ayant le temps <lePaul et cleJésus, ya nous montrer de suite à <1uel degré clepe1·fection était m-riYéela 1·aceAryenne, lo1·squel'iirn~sion <lu Sémitisme ïint la replonger pom· cles siècles clans la barbarie. Tournons d'abo1·d nos regards ,ers cette terre naiment. bénie cle l'art, de la science et cle la justice, où l'élite de notre race a pu créer, en un temps si court, tant de meiTeillcs non encore ép:alées. Et qu'on le l'Cmarque bien : dans cette Grèce même, si petite en appa~ rence, si grande en réalité, puisqu'elle emplit encore le monde de -----------------------··-·· -- (1) E. Havet, Le Christianisme et sell origines. 4 vol. in-8. Paris, 1874-1884 t. I, p. XV. (2) Loc. cit. p. XXVI.

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