LA CONSOl\DtATI0:-1 reste, in<lispeusable à la consenatiou et au développement de l'irnliviclu et de l'espèce;· si le salrrnge n'en arrivait pas à tuer par vlaisii-, il n'en aniYe1·..üt pas non plus à tuer au delà des nécessités du momeut,c'est-à-clire en prévision (lu lendemain; tout cléYeloppement ultérieue lui serait inteedit. Le vol, l'a~i;assinat, le cannibalisme ne vont pas sans une certaine idée <le prévoyance. Un chef (le l'île de IIivaoa, interrogé par un voyageur polll'quoi lui et ses compagnons avaient mangé trois matelots américains, -.;-oléset puis tués pae eux, répondait très naturel- • lement : « Fallait-il <lonclaisser perdre toute cette viande? » Comment se sont constitués les premiers organes de la consommation sociale? Rappelons-nous ce qui a été exposé relativement à la constitution de la force collective. Celle-ci était primitivement irnlivise et coni'nse; sa premièee différenciation 01·ganique s'opéra 1Jarla répétition rl'uno imite d'actions et de réactions, d'abord entre la snl'face exLeme et le milieu, postérieurement entre la partie inteme du corps social et son enveloppe externe; le fait social <léteeminant et général fut clonetout d'abord un phénomène cle circulation. Le point de départ, ou plutôt la structure rudimentaire de cette circulation,fut nécessairement caractceisé 1Jarl'exeecice de la force brutale et clespotir1ue,non plus copenrlant simple et indiYisc, mais limitée déjà et entlip;uée par les nécessités même de la cil'culation; en effet.,pa1· cola seul que celle dernière 1·evêt une certaine Ol'ganisation, la force collecti rn absolue est régularisée, son action n'est plus incohérente et illimitée, son cours est pour ainsi tli1·e canalisé. Nous aYons déjà indiqué la dépenclance étroite do la corn;ommation vis-à-vis de la cieculation, laquelle fut elle-même un d6Yeloppement de l'oeganisaLion homogène rwimiLi,·e.Nous sayons historiquement qu'à la stl'ucture qui succéda a la période p1·imai1•eoù la consommation, confondue avec les nécessités cle la ciPculat.ion et tlu milieu, n'ayait encore aucun organe régulateur propee, succétla une période autoritaire, familiale ou autl'e, pendant laquelle la consommation fut essentiellement une concession de l'autorité centrale, représentée par le père, le chef on l'assemblée des chefs, qui en twait la direction à peu près absolue. Le chef militaire généralement ét.ait aussi le dispensateur suprême du butin; pourquoi ne l'aurait il pas été également des procluits de la chasse, de la pêche, en un mot, du trantil '? Ses égaux, les plus forts après lui, gardaient aussi la pmt la plus forte; les fcnuncs, les enfants, les vioillarcls, les cap(iü; recentient les restes, bien heu1·enx si, en cas de reyers ou de famine, ils n'étaient pas eux-mêmes sacrifiés à l'alimentation <lesmaitres.
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