lIISTOIRE SOCI.\LISTE 87 Cet exode peul èlre jugé en se plaçant à des points de vue difT(•,enls. Tandis quo chez certains il excilail admiration el pilié, était considéré comme un acte de piélé palriolique, par d'autres - minoril~ infime il est vrai- il ful considéré comme une grave erreur, comme une lri·s lourde faute. !~lait-il bon d'abandonner les deux prnvinces et d'y laisser la place plus large pour l'immigralion allemande·? Comment s'y entreliendra,cnl le sou,·cnir, le culte <le la pairie, quand les plus ardenls pal riotes s·rn serairnl éloignés, la pluparl sans espril de retour'? Ces derniers é1oq uaienl I,•so,"·cnir des conspira lions ourdies, des lulles incessantes soutenues contre l'Aulrirhc, en Lombardie, en \'énélie, conspirations, luttes qui a,·aienl conslammenl tenu en éveil la re,endic·ation italienne contre l'occupant: qui avaient été un facteur considérnble dans le réveil de l'Italie, dans Ir mouvemenldont la •·onclu,ionavait été lacollaLoralion de la France cl du Piémont en 1 ~,!Iet était <ltlen grande partir à cc fait que les conquis, loin <le quiller lenrs foyers, y étaient reslés pour faire nombre cl rendre plus intenses, plus solennelles, leurs incessantes prolcslalioos. La situation au point de vue cxtfricur n'était pas sans préoccuper, car des négociations se poursuivaient actives enl.-e l'.\llemagnc, l'Italie, la Russie cl l'Autriche cl loul le monde sent~it bien que les combinaisons élaborées étaient toutes dirigées contre la France encore occupée par les armées du "ainqueu,·. Cepenrlanl l'heure <le la l:béralion définitive se rapprochait, le succi·s <lu dernier emprnnl allait la h:\ler. L'enlhousiasme qui a,lil partout accueilli la campagne dissolutionnisle de Gambetta, les ovations faites à ~J. Thiers soulignées par les cris de « ,i"e la République 1 » n'avaient pas peu contribué à exaspérer les conservateurs; tous ces « rnraux », comme les a\'ait si justement qual,fiés ( ;aslon Crémieu,, rc,•,·- naient la rage au cœur, ùét;us dans leurs espoi,·s après al'oir été fréquemment mal accueillis par leurs électeurs. Cc fut dc\'anl une Assemblée chargée d'orages, fiévreuse, que, le 1:; no1·embre, ~J. Thiers, donna lecture de son )Jessagc, à di,erses reprises interrompu par des approbations marquoics <les Gauches, parcles exclamations, des pl'OleslaliQns ou des murmures significatifs de la Droite, car sïl insista sur son caracli·rc conservateur nécessaire, il n'en aflirma pas moins quïl fallait maintenir au gou,·erncment la lormc répuulicaine. « La République existe, déclarait ~I. Thiers, clic est le gouvernement légal du pays : vouloir autre chose serait une nouvelle rérnlution cl la plus redoutable de toutes. :--e perdons pas de temps à la proclamer; mais employons-le à lui imprimer ses caractères désirables et nécessaires. l'ne Commission nommée par vous, il y a quelques mois, lui donnait le litre de République conservatrice. Emparons.nous de ce litre, el lt\chons surtout qu'il soil mérité ( Très bien I Très bien . 1 • « Toul gouvernement <loil êlrc conse'rvaleur, et nulle société ne pourrait vivre sous un gouvernement qui ne le se rail point. (Assentiment général.)
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