J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALIST!s tarial an rang <leclasse dominante, c'esl-h-dirc la r(•alisalion do la démocratie. Aprl·s uY01r conquis le pouvoir pol1liquc, le prolétariat s·cn '-f'1•vi1·a pour arra~ .:her peu i1 peu le rapilal à la 1,ourgeois,c, pourcenlraliser tous les ioslruments tir production entre les mains do rf:tat, ,·'t•sl-à-d1re du prolétariat constitué en cta,,e dominante cl pour effeclucr rnpidcnH'nt la concenlralion des forces productrices . •, )lais i1 celle action • autoritaire • du prolétariat nécessitée cl juslifi~e par la série d'efforts à accomplir pour J'œu, re d'émancipation cl d'organisation suec, 1dail, dans le )Janifesle, une vue très nette sur les suites logiques de la viclo,rc <'l de l'organisation : « <)uand. au cours de J'é\Olution g,·aducllc auront disparu les dilTérences <lo dasse, Ioule la production restant conc,•nlréo aux mains des individus associés, le pournir public perdra son caracli-re politique, puisque ·le pouvoir polih,1ue n·esl antre que la force organisée d'une classe pour l'oppression d'une autre. <_)uandle prolélarinl, dans sa lulle contre la bourgeoisie, se constitue forlemcnl comme classe el, au moyen d,• la révolution se fait classe dominante pour, comme telle. abolir, par la force, les C"onditionsancienne-a de la production, a1ec ces conditions de production il supp,·ime les raisons d'être <lela différence de classe, les classes elles-mêmes el, par suite, sa propre domination comme classe. • A la plac,• de la vieille société bourgeoise, a, ec ses classes, s'établira une association d,rns laquelle le libre déreloppemcnl de chaque indi,·idu, sera la condition du lib,·c dévcloppcmenl de tous. » Les idées anarchistes qui n'avaient pas pris l'acuité dangereuse qu'elles dc,a,enl acquhir quelques années plus lard, étaienL pour séduire bien des esprits, bien des tempéraments indépendants el impatients, lassés de la politique pratiquée par les politiciens; elles eurent grand succès parmi les socialistes de race latine el alliri'renl d'enthousiastes adhérents en Frauce, en Italie, en Espagne; il foui le dire aussi, en Belgique, en llollande, en Suisse où s·exe,·cail plus directement l'action de ses propagandistes; elles firent des recrues parmi les socialistes russes el américains. En France, cependant, il était difficile d'entrainer le monde ouvrier hors de l'action politique, Je l'action électorale, le suffrage universel BJant été conquis par le peuple, de haute lutte, à la suite de la Hévolulion de février 1848 et étant sa seule conquNe elTeclive. Si l'Assemblée nationale recula devant le vole de nouvelles lois de )lai, devant une tentative de mutilation du su Ilrage universel, ce fui simplement par crainte d'un soulèvement qui cOl entrainé la majorité du pays. Mais les idées de large autonomie, de liberté individuelle poussées jusqu'aux CAlrêmes limites de la théorie étaient pour attirer l'élément le plus actif <le la masse ou1ri1•re el, dans le parti qui lentement se reformait, elles allaient avoir une grande jnOucnce, occasionner bien des luttes, bien des dissensions. Dana son ensemble - le parti anarchiste n'eiuslaol pour ainsi dire pas

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