J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

IIISTOIRE SOCIALISTE 71 Les <leux discours prononc,·s par M. Cambclla, à Angers el nu llavre, avai<'nl pro,·oqué une ,·ive irril3lion dans 1(•clan réacliopnairf' cl unr inlerpc11alion ck )1. Haoul llmal asnil i·ll• annoncée. Elle 1·isait à ln fois le chef <le l'exlr~me-gauchc cl le cabinet. Le terrain choisi, c'<'lail la présence officielle dn maire d'.\nge,·s et <lecelui du llavre dans les banquets. Elail-il admissible que drs maires, choisis, nommes pa.r le gouvrrncmrnl, s·associ('nl à d<'srnanifcslalions dirigées contre l'Assemblée nationale, émanation directe do la souverainelé nationale·> Ces maires n'élaicnl que des« fonclionnai,·es » tenus à la m,'me réserve que les autres membres de l'administration Quelles mesures le goll\ ernemcnt a,·ail-il prises ou allait-il prendre con Ire eux·? Tel fut le thème jésuitique sur lequel broda )1. Uon Dt11·al el auquel répondit piloyablcmenl )1. \'icto,· Lefranc, ministre de l'intérieur à éliquellc républicaine, qui part\! n'avoir <l'autre souci que d'essayer de désarnwr les d,oiles; il fui tellement de leur avis 'lue i\l. Haoul IJuval relira son inlerpellalion. li ne pouvait èlre que satisfait de celle nouvelle capilulalion. Capilulalioo aussi blùmable qu'inulile; i\1. \ïclo,· Le franc de, ail, peu <le temps apri•s, ,'L,·c la première victime des fureurs de la majorité. Les monarchistes, qui ne perdaient pas l'espoir de , oir aboutir leurs projets de fusion pour une restauration, rnyaieul non sans une l'i10 inquiétude, le parti bonapartiste mener avec ardeur, habileté el audace, leur propagande; ils connaissaient leurs allaches a,·cc une partie ùe l'armée: leurs inquiélndcs étaient partagées par les républicains. li fullail porter à celle fraction, sans rnmords cl sans scrupules, un coup vigoureux. li suffira. sans doute. d'él'oquer les conditions dans lesquelles a élé engagée la guerre, de faire édaler, aux yeux de tous, l'imprévoyance el l'incapacité du gou\'erncmenl impérial, de son administration, de ses chefs mililai,·es. Pour cela il faut faire l'in,·cnlairc rélrospeclif de la situation militaire au Jcr juillet 18i0; de rechercher comment onl été employés les crédits ordinaires cl e:1.lraordinaircs \'Olés par le Corps législatif pour le développement ou la transformation de l'outillage de gucrn•; d'étudier son fonctionnement durant la désastreuse campagne; Je faim un inventaire complet des arsenaux. Cc fui, pour le duc cl'.\11ditl'rC'L-Pasquit•1, l'occasioo d'un discours, vérilahlc réquisitoire, formidablement doC'umenlé, dont l'affichage fui volé. Le parti bonapartiste en et\l élé écrasé, si des sanctions réelles eussent suivi la manifestation. Mais il élail dil 11uc le pouvoir exi:cutif cl l'Assemblée nationale se monlrcraienl aussi indulgenls en, ers les fauteurs de nos désastres qu'ils s'étaient montrés sans pitié cn,·c,·s les républicains parisiens qui, après avoir soulenu un siège doulour<.'ux, n•1rnicnl de subir un second siège pour défendrn el saU\er la Ri-publique. M. Rouher voulut lcn(er de prendre une revanche: le Lorrain élail loul indiqué; il s'allaqua à la gestlon du gouvernement du l septembre el, en l'Ue d'émouvoir l'Assemblée contre le chef de l'exll'l'me-gauclw, il exécuta um• charge à fond de train contre la campagne dissolulionnistc <le ~I. Gambella.

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