J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

l:! lllSTOIRE SOCIALISTE ,lrs injures, ,les inlerr<'lh.irons "iolrnlcs 011 grossièrrs, telles qu'il ne put le lc,rm1ncr qu<' par ccltl~ apo.:;trophc qui déchaina une lempatc: « La <li~solulion, \'OUS scre,. obli[.!és de la subir, si vous n'avez ni le courage ni le palriolisme de l'affronter ! 11 Le lendemain mème du ,·oie <lela proposition, ~J. Thiers adressa son prernicr ).lessagc, un ~lrssag-<'<leremcrcicmcnls, <lanc;lequel il soulignait l'hon~ ncur que lui avml fait l'Assemuléc en lui décernant « la première mag,slralure de la Hépuulique ». Cc passago, fut accueilli a\'eC une froideur sui,·ie de murmures significatifs, par Ioules les droites. Ainsi que l'ôcrivail ~l. A. Hanc:" la lune de miel n·avail pas duré un jour)>. IJès ce moment, la coalilion, maladroitement conscrvall'Îcc, sans cesser d'ourdir des conspirations monarchiques, allait cnlrcprcndrc une lnlle sans merci, lanlôl sournoise, jésuitique, lanlôl ouverte. sans ménagement~, contre l'homme qui l'a,·ail berné<>,mais avait donné des gages si évi<lcnls, ti farouches. à cc qui s·appclle la défense de l'ordre, à la conservation sociale. C'est ainsi que peul seulement s'expli<tucr l'appui que donnèrent il ~l. Thiers les gauches de l'.\ssembl~e dans leurs campagnes pour leur ftablissemenl légal cl définitif de la llépuuli<(ue. L:n· fixité <(Uin'allait pas èlre d'une durée aussi prolongée que le marquait la loi Rivel, donnée au pouvoir exécutif, son rôle suffisamment défini el rrlalivemenl restreint, se posait la qucslipn du •iège du Gouvernement el du Pouvoir parlementaire: \'ersaillcs ou Paris'/ la ville de Louis XI\' ou la ville de la Hévolulion·> la capitale grandiose el morose du Roi-Soleil ou la capitale de la Démocralie universelle? Ce problème posé déchaina encore bien des orages. Des hommes, cependant lrt·s modérés, tels que )IM. Léon Say, préfet de la Seine, DuchMcl, un orléaniste rallié par raison, üc Lasteyric, joignirent leurs clTorts aux républicains pour soutenir la cause de Paris, apaisé; incapable du reste, après la saignée pratiquée, avec l'étal de siège, de tenter le moindre mouvement. ~!. Léoil Say fil la déclaration suivante; clic ne pùl, clic ne pouvait ra~- surcr ceux à qui )1. Thie,·s, quelques séances auparavant, avait demandé s'ils avaient peur <le Paris, quand une armée de 120.000 hommes les protégeait : « Celle quesl ion, dit ~I. Léon Say, me cause beaucoup de tristesse. On fait à celle heure le procès de Paris; la question est de savoir s'il sera condamné ..... \'ous ne pouvez raire que la discussion ne soit compl'ise par le pays. Eh bien'. messieurs, je mus le dis, le moment est opportun, allez siéger dans Paris, la sécurilé pour L\ssemblée est assurée ..... Est-ce que Y0US no voyez pas délil,éi-er il Paris un Conseil municipal qui contient dans son seih l'expression des opinions les plu~exlrèmes? i\'c monlre-l-il pas aujourd'hui une grande sage,sc? ..... Si vous aviez 2ssislé aux séances, vous ne douteriez pas de ,irn parole! Le jour où ce Conseil a élé élu, est-cc que vous n'aviez pas ùans l'esprit des craintes qui ne se s0111 pas réalis(•es·/ Je vous le dis en finissant, messieurs, Paris vous appelle, vous demande pour vous coDsen·er, pour

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