J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

40 HISTOIRE SOCIALISTE projel de loi trndanl il l'autoriser à émellrc un cmprunl de 2 milliards 500 millions, pour ainsi dire aussilôl réduit ù 2 milliards; le 20, à l'unanimité de 54ï voix, était volfr la loi réglant lrs condilions de cet emprunt qui ful émis le ·Jï du m,'me mois, en 5 0 0, au Laux de 8'2 fr. 50. 11 eût un succès considérable, puisque le Lota! des souscriptions s'éleva à l milliards 897 millions. On a écrit, répété, ce qui esl rxacl, que ce succ,'s fut une manifestation éclatante affirmant la vitalité cl le crédit de notre pays à peine sorli, mais non encore rétabli, d'une crise très grare; mais, d(•s celte époque à laquelle, parmi les puissances élrang~r~s, chez nos vainqueurs eux-me-mes, élaicnl connues, appréciées les grnndcs ressources de la France, ses énormes disponibilités, la solidité de sa ,·ichcssc, malgré la déplorable, criminelle gestion de l'Empire, on s'accorda à trouver n-aimcnt trop bas, par suite trop onéreux, le taux d'émission. Certains, à la vérité, invoquèrent que M. Thiers n'avait osé risquer un taux plus élevé, de crainte d'un échec partiel. Il n'(•lail pas à redouter. A l'exception de quelques centaines de souscripteurs qui, généreusement, portèrenl leurs capitaux sur« l'an lei de la Pairie», la grande majorité fut surtout séduite par l'écart de 1 ï fr. 50 en Ire le taux d'émission el le pair; - il y avait une belle marge pour les primes rémunératrices. Le véritable patriotisme eut d'abord• co,Îsislécn la ruée de tout le pays conlrc les armées d'invasion; en la mobilisation de tous les capitaux pour fournir au Gournrnemenl de la Défense nationale les moyens de lullc qui lui firent défaut: il avait fallu trouver à Londres(l'emprunl ~lorgan le démontre) d'insuffisants millions à des c,onditions usuraires. En réalité, les centaines de millions qui s'étaient terrés au moment de défendre le pays ne reparurent <JUC pour assurer la paix, dont le prix le plus douloureux était, sans contredit, le démembrement de la frontière de l'Est. Le succès de cc premier emprunt, le paiemenl en cinq termes, du ter juin aù 31 juillet, de la somme de 500 millions de francs, inaugurèrent l'œu\'re de libération du lcrriloire, car des négociations s'engagèrent pour obtenir du Gou,·crncmenl allemand l'anlicipalion des paiements, par suite, l'évacualion anticipée des départements occupés. L'insc,iplion au Grand-Livre <lela IJetle publique des milliards consliluanl l'indemnité réclamée par le vainqueur, la liquidation de Ioules les dépenses passées, les dépenses qui s'imposaient cl allaient s'augmenter dans des proportions considérables, devaient, naturellement, entrainer une formidable aggravation des 1mpols, déjà tr,'s lourds avant la guerre. Ce fut l'occasion de grands débats à l'Assemblée Nationale, donl la conclusion fût que rien ne eerail changé au syslèmc fiscal el que la majeure partie des charges nouvelles sera il demandée au pays par la voie des impùls indirects, ceux qui pèsenl le plus lourdcmcnl su,· la masse populaire. Ce n'étaient pas une Assemblée el un Gouvernement ullra-conservaicurs <les privilèges de la classe possédante qui pouvaient la frapper direclemcnl. Avant de se séparer pour aller se ,·rposcr de ses fatigues el de ses émotions,

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