HISTOIRE SOCIALISTE une bravoure folles cl gisait sur un lil avec les jambes fracassées; on n'en vil que dix-s~pl : Assi, L.'rbain, Ferré, Billioray, Jourde, Champy, Trinquel, l'aschal Grousset, Lullicr, Hasloul, Hégi•rc, Courbet, Verdure, Fcrral, Decamps, \'ictor Clément, Clysse Parent. Ceux qui marquaient plus particulièrcmcntétaicntJJurde, l'ancien délégué aux .finances, Paschal (;rousset, qui avait eu la cha,·go des relations e~lérieures, Ferré, qui a,ait re~u la mission de gérer la l'réfectur,• de police: Assi, Trinque! el Courbet que mettaient en lumière son grand laient de peintre cl son rôle dons le déboulonnement de la colonne \'endômc. Xous ne pouvons juger l'altitude des nccusés, l'espace nous manque. Il nous faut, cependant, constater que Jourde établit un compte lr<'s précis, très ncl de sa gestion financière el qu'ainsi il contribua à un revirement de l'opinion su,· cc que la presse à lo solde do la réaction versaillaise qualifiait de « pillage de la Banque de France» et sur l'honnèlelé scrupulèuso de la Commission des finances; une partie de la sinistre légende commençait à s'effriter. Quanl à Ferré, quel que soit le jugement que l'on puisse porter sur son rôle durant la Commune, tout le monde reconn0t que sous les misérables invecti,es du commandant Gaveau, qui s'oublia jusqu'à injurier son défenseur. il montra une attitude ferme, fière. li ne se défendit pas el voulul simplement cxpliqut'r sa conduite. li ful interrompu el ne pul que prolosler, protester surtout contre le fameux document « faites namber finances 1 • qui lui était allribué, c1ui n'élail qu'un faux jésuiliquemenl fabriqué, ce qui ful reconnu plus lard. Quant à ce pauvre Courbet, son attitude fut douloureuse el le plaidoyer qu'en sa faveur prononça Lachaud ne fùl pas pour la relever. Il n'en reste pas moins un des plus grands arlisles de la seconde moitié du x1x•siècle. Après d'interminables débats, orageux, fréquemment désordonnés, comme un furieux épisode de guerre civ!le, - le commandant Gaveau devait en devenir fou -- le 2 Septembre, le conseil de guerre rendit son « jugement •· Il avait à se prononcer sur seize questions, dont la plupart enlratnaienl la p~ine de morl, le bagne ou la déportation. Ferré el Lullier furent condamnés à morl; Paschal Grousset, Assi, Champy, Billioray, Régère, Verdure, Ferrat, à la déportation dans une enceinte fortifiée; Hasloul el Jourde, à la déportation simple; Trinquel el urbain aux travaux forcés à perpétuité; Courbet, à six mois de prison el 1.~,00francs d'amendP; \'iclor Clément, à trois' mois de prison; Uecamps cl l'lysse Parenl furent acquillés. Paralli-lcmenl au :1•, les autres conseils de guerre de la Ire di,·ision, des aulres divisions militaires el d'Algérie étaient à l'œuvre et les jugements se succédaient, émouvant l'opinion publique par leurs implacables con.damnations, provoquant le cri de pitié qui allait de partout s'élever quand allaient retentir à Satory el à )larseille les pelotons d'exécution. Ce n'étaient plus des lribunau,, c'étaient des machines à fusiller, à envoyer au bagne, on exil, à déporter. On frappait non seulement pour avoir fait partie de la Commune, pou1·
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