J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOClALlSTE minist.'1'1', s'Nanl abstenue; d'autre pari, des députés socialistes, entre autres, Viviani, Fourni•·rc, Anli<le Uoycr cl Calvinhac avaient volé contre l'cnqualc, afin dcnc pas crMr d'embarras graves au Couvcrncment. Leur résolution provoqua de vives récriminations dans le parti oil Mjà s'accusaient de plus en plus de vi,es cl irrémédiables dissensions. Sur l'ordre du jour qui devait clolurer celte importante discussion, se greffa un nouveau débat qui remit direclemenl en cause l'existence du ministère. L'ordre du jour pur cl simple, sur la demande du président du Conseil, a,•ail été repoussé; un ordre du jour présenté par le député socialiste Hcnou n'avait groupé que 101 voix el la Chambre avait adopté l'ordre du jour déposé par M. Simyan « comptant sur le Gou,·cmemenl pour poursuivre toutes les responsabilités qui avaient été établies par l'enquête judiciaire ». On avait compté sans M. ~lassabuau qui vint proposer une addition à l'ordre du jour. Elle était d'une perfidie à faire croire qu'elle avait été rédigée°dans une jésuilière; elle portail: « el réprouvant les doctrines collectivistes par le~quelles on abuse les travailleurs». Le plan de M. Massabuau était d'amener le Gouvernement à des déclarations fermes qui amèneraient une rupture décisive entre lui el les républicains modérés ou les socialistes. Le président du Conseil s'en Lira par un artifice oratoire; n'attachant en apparence aucun carnctère sérieux à l'addition proposée, il se borna à celle boutade : « le Gouvernement ne peul y voir (dans les doctl'i11escolleclivisles) que l'expression de doctrines philosophiques. » Les socialistes, bien inspirés, ne donnèrent pas dans le piège tendu par le parlementaire également adversaire du Gouvernement et des socialistes. En son nom el au nom d'un grand nombre de ses amis, lrenlc-ciriq environ, le député de Paris Houancl déclara qu'ils voteraient l'ordre du joui· mème avec l'addition proposée par M. illassabua11. C'était accorder à la proposition du député de l'Aveyron la juste importance qu'elle méritait. Ainsi que nous l'avons précédemment indiqué, chaque incident surgi parmi la vie ouvrière avait pour résultai cl'Jnver les désaccords qui se manifestaient dans le parti socialiste. La majorité de ses représentants à la Chambre, prise par les réalités du domaine politique, malgré les vifs regrets que fréquemment elle en ressentait, ne pouvait se décider à faire une opposition irréductible au ministi·re, celle opposition ne pouvant être profitable qu'à la coalition qui menaçait la Hépublique el au parti républicain modéré, hostile à de sérieuses réformes sociales. Sinon l'extrême-gauche, du moins le parti radical était au pouvoir, sa làche politique constituait une œuvre commune à tout le parti républicain; celle ttlche était-il prudent de l'entraver·? Puis, n'était-il pas utile, mème à la propagande socialiste, de \'Oir ce que le radicalisme était capable de tenter, de réaliser en faveur des travailleurs·? S'il réalisait quelques réformes ;érieuses, ce serait autant de gagné pour le prolétariat dont la situation est si pénible, parfois si douloureuse; s'il ne réalisait rien, cc serait une faillite qui conduirait directement clans les rangs socialistes sa clientrle de travailleurs,

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