2ï8 IJISTOIHI•: SOC! \US'Œ oecasion:::.,drs moy('n!:-d'aµ-italion. l.a conelusio11pacifique de-l'incidr-nl <le l'achoda ful I''"' ru, lrail<'c de capitulation honl<"usc vis à ,·is de l'Anglrlrrrc cl le jour 01'1 lt• rommanùai:l ;1archand rrvinl à Paris, il fut ac,·ucilli par des m.imr(~stations dt;liranlcs commr Cl'llcs qui an1i1•nl salut' le g-1."'nérBaloulangc-r. l.1•s foctions réactrices a,·airnl l'espoir de (( tra,·aillcr o une fois de plus. avec le nom d'un soldat. L'rnlhousiasmc nr fui qu'un• feu de paille "· l'n autre explorateur, pas un soldat celui-là. mais un ,·aillant. un modeste, Foureau, <\\'ail presque pacifiquement lra,·crsé le Sahara, alleinl Tombouctou, puis le lac Tchad: accompli un voyage périlleux cl fécond, l'opinion ne lui pr,'la qu'une vague allrnlion. La foule réserve ses ovalions aux héros cl'avrnlure. qui sa,enl lirer parti de l<·ur rèllc ou qui complaisamment deviennent les jouets des pal'lis; elle dédaigne les laboricu,, les utiles, les modestes el elle se plaint d't'lrc toujours dupée! L'année 18\19s'achrrn clans le calme le plus ,·omplcl; loulcf'ois, clans la pn•sse, les polhniques se poursuivaient sur l'aflaire IJrcyfus dont la rc,·ision complète était réclamée, afin cl'élahlir d'un,• façon définitive, complète, l'indisculable innocence du capitaine d'arlille1·ic rcmi& en liberté cl rendu à sa famille a111·i·sune longue, cruelle séparation. Celle affaire avait eu pour résullal principal d'ou\'rir les yeux à des hommes qui, jusqu'à ce jour, confinés dans leurs éludes, leurs laboratoires, leur parti politique, n'a\'aicnl pas vu de près les douloureuses réa lilés de l'ordre social cl n'arnienl pu ou , Olllu déchiffrer les louches énigmes masquées par les intrigues, les man0'11vres des politiciens. Le relenlissemenl des prcmifres polémiques suscitées par l'iniliali\'e de M. Scheurer-1,eslncr, après les avoir troublés dans leur indifférence ou leur quiétude, les avait profondé1aenl émus; l'iniquité commise les a,ail indignés; tout cc qu'il y nvail de bas, de vil, d'odieux dans le premier procès les avait arrachés à leur relrnile el, à leur tour, a\'eC loulr l'aulorilé de leur renom, ils s'étaient lancés dans la lourmenle, brarnnl tous les p1·éjugés, tous les dédains de leurs amis ou admirateurs de la veille, pour ne s'allacher qu'à une cause: la cause de la justice. A voit· de près le monde politique, ses la1·es si nombreuses, ils avaient jugé les coupables, les complices, les hésitants; certains d'en Ire eux avaient élé frappés, au mépris de Ioule équité, par le gouvernement de la Répuulique; rien n'arnil pu les anèlcr dans leur l'lan. Jugeant à quelle coalition réactionnaire était duc la résistance à la rcvision du procès Dreyfus; à quelles préoccupa lions misérables élaicnl dues les hésilalions des gouvernements successifs, <1uandl'innocence du condamné apparaissait t'videnlc, ils en étaient arrivés à une haulè conception dr la Hépllblique. Celle justice qu'ils réclamaicnl pour un soldat injustement frappé. certains d'entre eux, enfin, la comprenaient nér·cssaire pour celle foule innombrable qui produit loul cl ne possède rien; <1uinall dans le besoin, \'il dans le travail el finit dans la délre_sse, condamnée par l'organisation sociale au mal de misère, de génération en génération.
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