J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCI.\l,ISTE ment considérable avaient pfoélré <lans les municipalil(·s de province l'i de Paris. Les élections lfg,slallvcs de la mème année allai,•nl encore accuser ses progr,'s; désormais, au Palais-Bourbon, un groupe socrnlisle s'était fo,·mé donl l'action élail puissante sur !"opinion. Di·jà. le 1,csoin se faisait sentir de concentrer Ioules les forces éparses du parti socrnl,,Le fran,:ais cl d,•, lenlati,es s'esquissaient dans cc bul. li ne <levail ,,as en con· ,'Ire allrinl, car <le, di, isions nouvelles, aigm·,. se produisi,cnl au Congr,-s ·dr \antes oil fui discutée cl adoptée, malgré ta virn opposition Jcs rrpr,·-cnlanl, du part, sot"ialislc français, l'idée de la grève g,'néralc. )lais une nou,cllc série de crises alla il s'ou, rir d rappeler les h,·u,..-s les plus agitées, les plus pl-niblcs du mou1cmenl boulangislr. L"affairr du Panama élail à peine apaisfc qu'un nouvel allcnlal anarchiste ,Lup<'fiail l'opinion : Le 21 juin lb\ll, un italien, Caserio, poignardait le pr(·sid,•nl de la 11, 1puLii,p1c à Lyon, où il s'était rendu pour visiter l'Exposilion universelle. Cri allenlot provoqua là plus profonde indignation <lons Lous les partis; il dcrnil <'Ire l'occasion de nouvelles mesures contre la propagande anarchiste, donl s'élo,- gnaienl de plus en plus, pour se confiner dans I,• domaine de li pure théorie, certains d'entre ccu, dont l'inlluencr ovail donni• de si lamentables résullols. Cc fui )1. Casimir-Périer qui succéda à )1. "ad1-Carnol; sa pr ..,irlencc fui brè1e mais fort agitée. Il alleignail la magistrature supn'me accurilli par une rare impopularité, d'aulanl plus marquée qu'elle se Joublail de celle du président du Conseil. Il fut l'iolcmment alla,1ué par la pn•ssc. Gt•raull-RichorJ, entre autres, publia dans J., C!taml,ard un arl,cle pol'lanl pour l1lre: .1 /ms Casimir! qui, malgré une éloquente dt'fonsc du ciloyrn Jaurès, lui ,·alul une condamnation à un an Je prison el 3.000 francs ,l'amcu·lc. \ celle condamnation, les élcclcurs parisiens <levaient riposter en t•nropnl le journalisk soc,alislc siéger au Palais-l.lourbou. Ces allar1ues •1uolidienncs réilcri·,·, lassaient, irriloienl le prt'siJenl de la 11,·publiquc, d"humcur in<lépen•lanlc mais perdant aisément snn sang-froiJ. Cn,• nouvelle crise, plus grave que cdlrs ,,uc ,ena,L de lra1cr,cr la H~publi,111c, s'ouvrait; clic a!lail <lélennincr !J bref <li•l;11la retraite pré,nalurée de )!. Casimir-Pt•n,•r et <l,·,organiscr tous I,•s partis polili<tues désoricnl~s. \·ers la fin de l'année l~'.11 un officier isr,wlill', ,\lf,·,•d Drr_,fus, capitaine ,l'artillerie, brc,clt· d'étal-major, allaché au premier Lun•au de l'èl.;11-majordu l'armée, élail arrOté sous l'occusalion d'a,•o,r hvré, vt•ndu ù l'.\llcmagno d,•s documents d'un haut inlérèl pour la défense nationale. Les IH-'21décembre, jugé à huis-clos par un consc1I de gucrr<', il éla1l condamné à la Mporlat,on dans une enceinte fortifiée. Quclquce jours apri•s, dans une ,1,•s cour., de l'~:cole militaire, parmi une« parade• militaire au plu• houl point ,·mou van le, · 11était dégradé, mais a,ec une énergie sans égal,•, qui fui qualifiée de c~oisnw, le condamné supporta l'elTroJable épreu,e cl d'une 1oix ferme, assurée, il clama aon innocence. L'unani,uilé des juges pour la conJomnalion ne laissait

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