1118'1'1IIIŒ ::;11CI \1,18'1'1, rester en fonctions. La gr<'-e se prolongea, malgré cet arbitrage, cl le travail ne reprit que le a no, embre, apri·s que les derniers condamnés curenl été grariés. Cette gri•ve a-ail en un résultai pohtique local, elle arnil provoqué la démission de ~I. de Solages, député de la circonscription. Après avoir failla conqu<'l<' <fr la municipalité de Carmaux, les tra,aillcurs, gagnés par la propa• gande socialiste qui ,·enail de recevo.ir un vif élan, allaienl faire la conquèle de la circonscription en élisant Jean Jau,·ès dont l'action à la Chambre cl dans le paJS allait devenir si considérab.le. )lais voici qu'un nouveau scandale éclalail, celui du• Panama • qui devait, une fois de plus, agiter la France entière. De pr.,ssantes réclamations, allisées par le, partis politiques qui ne poU\aicnl se résigner à leurs défailes successives cl profilaienl de Ioules les occasions pour susciter «les troubles, se faisaient entendre de la parl de tous ceux qui avaient engagé des fonds dans l'entreprise du percement de l'isthme de Panama; à ces réclamations nomb,·eusts se joiisnaienl de vagues accusations contre certains membres du Parlement, des per~onnalités en marge de la Chambre el du :::iénalel ronlre certains organes de la presse; ils avaicnl trafiqué de leurs mandats, de leur innucnce pour faire aboutir le dernier emprunt de ï20 millions aulorisé le 8 juin 1888. L'opinion éta,l émue, elle exigeait que de la clarté fui projetée sur celle aventure louche, d'autant qu'il paraissait avéré que le canal ne pourrait être terminé el qu'une formidable collection de capitaux a,ail élé drainée parmi les petits rentiers cl les modestes épargnisles. t·nc spéculation effrénée, des malversations 'cmporlaient, comme <·elaarrive lrop fréquemment, une entreprise grandiose dont les conséqnences économiques el poliliques pouvaient èlre si considérables. ,\ la pression énergique, violente de l'opinion publique, la Chambre céda en nommanl une Commission de 3~ membres • chargée de faire la lumière sur les allégations portées à la tribune à l'occasion des affaires de Panama ». lks lors, l'affolement s'empara du monde parlementaire cl les Cabinets se succédèrent, les uns parce qu'ils voulaienl faire Ioule la lumii-rc, les outres parce qu'ils tenaient à en faire le moins possible. Les accu,alions les plus graves, les plus formelles élaienl dirigées contre les personnolilés les plus en vue dt• la politique; vingt-Si'- chèques avaient i•lé décoU\el'ls au cour, d'une• pcn1uisilion dans une banque a,ee laquelle le baron de lleinach, dont le suicide reslail si myslérieux, a\'ait élé en relations d'affaires. Ils représentaient une somme glol.iale de Lrçis millions el demi qui avaient été employés à rec.>nnallrc les services d'hommes politiques. Le gouvernement, ~I. Hil,ol t.\lail à la présidence du con•eil, affolé, laissait adresser à la Chambre cl au ~éoal des demandes en autorisation de poursuiles contre des dépul(•s el des sénateurs - un seul t.levail l\lrc condamné, M. lla!haut, car il avait avou{•. Le cabinet Ribot ee désagrégeait, puis faisait place au cabinet UupuJ dont l'actioo contre les socialistes el les travailleurs organisés devait être si maladroite, si brutale.
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