J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE prison de !--ainlr-Pélagie lraditionnellcmenl consacré aux dôtènus poliliqucs, 01'1, I<' dimanC'hr. de nombreux amis vcnairnl visiler les condamnés, se fortifier ,bns lcu,·s ,·on, iclio11sel leurs espérances. Le socialisme avail reçu le baptême ùu fc-u cl rien n(' d('vail plus enlran•1· ses progri:s parmi les masses ouvrières. Lï!xposilion 3\'ail fern1é ses po,·les, laissant le souvenir d'une féerie prodigieuse. Les dures réalités de la vie reprenaient loul le monde cl elles l'laicnl d'aulanl plus sensibles que, si la ,·ic avait renchéri, le lra,·ail se ralentissait ainsi qu'il advient réguliércmcnl après les efforts mu Ilipies, anormaux cl hntifs qu'ex,igenl l'a pr(•paralion et la mise en œu\'re d'aussi inulilcs manifestations. t·nc échéance politique, particulii·remenl inquiétante, se rapprochait, le renouvellement triennal du Sénat. l'n grand efio,t dcvailèlre fait par les républicains pour conquérir la majorité dans celle Assemblée, place forle de la réaclion, qui a1ail volé la cl,ssolulion, s'opposait à Ioule lenlalivc républicaine de 12 Chambre cl élisait comme inamovibles les pires parmi les réacleu1·s qu'avait chassés de leurs sièges législatifs le suffrage universel. Les élections avaient été fixées au 5 janvier l~ï\J. La campagne électorale ful vive, lanl la partie élail grosse de conséquences. L'alliludc violenlc des droites à la Chambre, la rél'élalion des manœuvrcs élcdorales du Cabinet du If, mai, des prnjcls du ministère J\o'chebout'l, l'obstination du Sénat à défier, par ses résistances, les élus du suffrage universel; le désir d'en lerm:ner avec une politique qui n'avait que trop duré, au détriment de la lranquillilé publique, de la réorganisation du pays, avail fortement impressionné Ir suffrage rcslrcinl. ,\ussi le scrutin du 5 janl'ier marqua-l-il une éclatante vidoirc pou,· le parti républicain qui, non seulement conquérait la majorité au Sénat, mais encore s'orientait un peu plus à gauche, mais si peu' Les élections du 5 jam ici· a,·aienl modifié la composition de la Chal]lbre haute: les répuhlicains se comptaient au nombre de 178; le nombre des monarchistes cl bonaparli~les tombait ù 120 cl la Gauche élail assurée d'une majorité de 58 voix; il n'y en avait eu que I\J en faveur de la dissolulion. Le parti républicain devenait maitre de la situation, mais il allait procéder avec prudence, avec modération, ainsi que ~l. Gambelta le lui avait conseillé dans ses deux retentissants discours de Homans el de Grenoble, lcllemeul qu'il allait subir plus que la sienne l'orienlalion donnée pat· )1. J ulcs Fel'l'Y dont l'influence grandissail de jour en jour. A l'ouverture de la session de janl'ier 1879, la Chambre, à l'unanimité des Yolanls, élu! M. Grévy, président; c'était une indication en cas de crise présidentielle. Au Sénat, cc fui )1. Martel, répul,licain fort modéré;-qui fui porté au fauteuil avec trois vice-présidents de gauche, un siège avait élé concédé à la droite; il fui accordé au général de Ladmirault, celui qui comme gouverneur militaire de Paris avait fait ·une guerre si implacable à la presse républicaine. On cul pu faire un choix moins malencontreux; les républicains onl la victoire indulgente ..... jusqu'à la candeur.

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