J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

20ü HISTO!llffi SOCI.\LTSTE parloul la résistance cl l'action s'organisèrent avec enthousiasme cl sangfro,J mélhodiqur. La 1-"rancorépublicaine avait recouvré sa ,·ilalité, clic ne cessa d(' le prouver durant les trois longs mois que dura la dictature clîronléc. Rien ne l"éhranla cl 1,•s masses paysannes, d'ordinaires si limidcs, rormanl les gros l,alaillons de l"armée démocral1quc, affronlfrenl sans fléchir une seule, minute cl le ronclionnaire, cl le hobereau, cl le gendarme, cl le prèlre, cc dernier déployant un ,i-le invraisemblable. La précaution prndenle, prévoyante, prise par la Chambre de ne pas voler le budget des rcccllc$, donnait un argument précieux, saisissant. C'était le suffrage universel qui lcnail les dés de la caisse. Sans l'autorisation en bonne cl duc forme conslilulionnellc <leses représcnlanls dir,·cts, c'était un acte de rorraiturc, passible des peines l,•s plus graves, de réclamer. de percemir les impôts! Pour la première Cois, .Jacques Bonhomme avait le -droil de faire la nique au percepteur! Le maréchal, lui-mèmc, élail entré ouvertement en c~mpagnc, s'était 1lécouvcrl; mais le vainqueur de :\Jagcnla voyait son prestige ancien s'évanouir; c"était dn vague, incapable soldal de Sedan qu'on parlait maintenant; la légende se dédora il, le prestige avait Cui; du « vaillant soldat d'Afrique el de Crimèc » il ne reslail plus que Je magistral mcna~anl de l'~pée la République : c·étail trop cl pas assez. La réponse du pays au coup d'Etat fol éclatante, significative; le 14 octobre les élections curent lieu; la gauche, il esl vrai, perdait :~6sièges, par suite de la pression électorale el de la candidature orficielle, mais elle était la majorité, une majorité imposante. Vuand elle eul procédé aux invalidations nécessair~s, Je parti républicain non seulement regagna le terrain perdu mais en conquit de nouveau. Toul compte fait, il allait compter 38!1sièges, soit 26 de plus qu'il n"en comptait dans la Chambre dissoute. Le suffrage universel venait de manifoster un inébranlable allachemcnl à la Hépublique; il avait écrasé la réac lion, mais cclle,-ci bientôt revenue de l'elîarcmenl que lui c·ausail sa défaite allait tenter une revanche cl menacer ln France d'une crise grave, ~rosse de complications intérieures el extérieures.

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