J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

l!lli HISTOIRE SOCIALISTE régime impérial. Elle croil avoir le droit de compter sur l'armée dont les grands chefs sont loin de professer des scnlimcnls démocratiques; elle commd une grande erreur, car l'esprit des lroupcs s'esl Mjà profondément lransforn1é, ks événcmcnls ne larderont pas b le démontrer. La réaction comple a, ant lout sur le chef du pouvoir exécutif donl clic connait la ferme résolution de s'opposer at1x progn's, aux entreprises de la «démagogie» qui, pour le maréchal de ~lac-~lahon, eom111enccavec le eMtre-gauche ! C'est dans de telles conditions que s'inaugure la llt'puhliquc parlementaire. Le premier choc eùl lieu ù la Chambre des députés à propos de la rnlidalioa dcsélcrlions. La pression :idminislralivc a,·ail élé forlc, fréquemment par trop impu<ll'nle, cl le clergé s'en était m,'lé avec une grande ardeur. 18 députés de droilc furent imalidt's, cuire au Ire ~I. Houhcr qui avail élé élu en Corse el qui dcvail èlrc. en mai, rNnplac/, par le prince Jérôme Bonaparte. L'élection qui provoqua le plus ,,if el le plt1s inléressanl débat fut celle du comte de ~lun, dont ~I. Il. Brisson (•lail le rapporteur, réclamant une enquête, en raison de l'inlcn·ention du clergé, de l'é1,'qt1e de Yannes surtout. Le comlc de Mun, qui se révéla un oratcu,· de pr,•micr pl:rn, défend il son élection, affirmanlhaulcmcnl le droit pour l'J\giisc d'inlcrrenir. Gambella pril la parole pour appuyer la demande d'enquMe, d.\claranl q,i',I n·a,;,il I as l'intention <le comball1·e la religion, mais bien l'inlcncntion du clergé dans la politique où il ne pouvait que se compromcllre. L'cnq1H'lc fut \'Olée . .\ la suile de celle cnquèlc le comle de ~lun ru1 invalidé•. mais il ru1 rérlu. Deux propositions d'amnistie l'urcnl déposées puur ainsi <lire simultanément par Viclor llugo au Sénal, par F.-\'. Haspail à la Chambre. M. Gambella n'avait ptts t1igné. L'urgrnce ful volée", sur la dcma11<lctlu gouvernement, mais la discussion en ful ajo11rnfo à la session suivante; elle <levai! <llrc repoussée; on se borna à faire appel il la« larg'c clémence» <lumaréchal. Décidément, la droite el une parlie de la gauche ne pouvaient se résigner à oublier la peur ']\IC leur a,·ail causée laHévolulion <lu 18mars. Le faille plus marquant de celle première session fui sans conlrc<lil l'élcclion de ~I. Gambetta comme président de la Commission du budget. Malgré le discours fort modéré qu'il pronon,;a en prenant possession <le la présidence, celle èlcclion causa une vive émolion parmi la camarilla de l'Elys/>c cl le maréchal en manifesla plus que <lela surprise, de l'irritation. Cependanl, les hostilités ne de,•aienl pas encore prendre un caractère aigu. li importait de démontrer à l'Europe que la France, si clic n'avait pu encore panser Ioules ses plaies, réparer tous les maux causés par ses désasl1·cs militaires, n'en avait pas moins reconquis une grande vitalité; qu'elle élail 1·cdevenue assc1. forte pour reprendre sa place dans le concert des puissances européennes; puis il fallail lui inspirer confiance en clle-mèmc; une Exposition uni,·erselle était décidée el de,•ail s'ouHil' le l" ~lai 1878. Dans le rapport adressé par M. Teisserenc de 13orl au prési<lcnl de la Hépubliquc, se détachait celle phrase : « En aonoo~anl au monde la

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