18H IJISTOIR8 SOCIALISTE n'Nail-il pas assuré de l'appui du Sénat ·i li ne falloil rien brusquer, po~ comnwllrc d'imprudences dont les suites pouvnienl Nrc lri:s dangereuses, el cc fui son opinion qui prévalut. ()uoi<1uïl ful conservateur dans 1'1\me, monarchiste par-dessus lonl, anlirépul,l,cain par tradition, de famille, par éducation el par lcmpéraruenl, le maréchal de ~lac-Mahon lenail à ohserver ln parole jurée, les promesses faites. Le j,•udi, 2~ fé.-rier. \1. IJufaure élail chargé de conslilner un nouveau ministère el prenait pro,·isoiremenl le porlefcuolle dr l'inléroeur. C'est le ~ mars JSïli que le S<'nal cl la Chambre se réunirent avonl de procMcr il la lronsmission des pouvoirs. Le président du Sénat élail un doyen d\\gc, ~!. Gauthier de Hnmill); le président J,, la Chambre, l\aspail, <1ui, ironie du hasard, sur six secrétaires en a1ail quatre appartenant à la llroile! Comme il ,,assoit entre les dfux rangs de gendarmes ,1ui faisaient la haie el lui présentaient les armes, le , i1·u, d(·mocrale, qui a, ail passé u,w partie de son existence dans les prisons de la )lonarchir el de l'Empire, dil en souriant /J un des secrétaires:« c·esl la pre111ii•refois <1ueje \"Oisdes gendarmes si près de moi el <1uïls ne viennent pas pour m'arr<'ler ! » Les liureaux conslilués, la séance csl suspendue cl ils se rnndenl dans la Salir d'l lerculc oit, sous la présidence du duc d'Audiffrel-Pasquier. président de l'.\sseml,lée nationale, entouré de son l.,ureau, esl réunie la Commission de permanence. Le duc d'Audiffrct-Pasquiel' prononce un discours dans lequel il déclare que le nou\"eau Parlemcnl a une belle œu\'l'e à accomplir, une o.-u,•re de conciliation cl d'apaisement. Groupé autour du maréchal de Mac-)lahon, il saura donner au pays un gouvernement d'ordre el de paix. )1. Caulhier de Rumilly lui r<'pond en affirmant que c·csl par l'union intime des pou mirs publics que la France jouira do l'ordre, de la paix el de la liberté, sous l'égide de la Constitution t'épublicaine qui a ,·eçu la saoc(ion du pays. )1. Dufaurc·, vice-président du Conseil des ministres, fait une déelaralion : • .'\ous sommes délégués par M. le Pré~idenl de la RépulJlique pour reccrnir de vos mains le pouvoir exécutif cl ses prérogatives, lei qu'il lui esl attribué pa,· la Conslilulion répul,licaine du 2~ février. :'>iousarnns mission de vous déclarer qu'il a l'intime ronfian,·e, ,,u·a,ec l'nido de Dien el le concours des deux Chamlircs, il ne l'excrcet'a jamais quo conformément aux lois, pour l'honneur el pour lïnlér,'l de noire grand el bien-ai1i1(·pa)S •· Aprés les bruits de cou11d'l'.tal qui avaient circulé avec une inquiétante pcr~islancc, celle déclaration provoqua une heureuse détente. Lrs pouvoil'S de l'Assemblée nationale élaicnl expirés. Chaque Chambre se réunit â part; Ir Sénat entend une allocution républicaine de son doyen d'ùgc el s'ajourne au lendemain. A la Chambre, llaspail prononce un discours dans le11uel il parle de Ja Hfpubliqnc, ùe se~ devoirs envers la France, env,•rs le peuplç, envers l'humanité, en termes éloquents; il fait un appel suprCme à la démocratie pour« féconder la science, l'industrie, la moralisation el la liberté.
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