180 HISTOffiE SOCIALISTE les fautes de cc régime cependant condamnô par son origine cl ses traditions à une politi,Jtie extérieure, belli'(ueuse, ne laissant pas à l'opinion le loisir de la réflc-xion. Il n'a pu oser, mt'mc rnodclcr son organisation militaire sur celle de l'ennemi certain, fatal, auquel il 6tait appelé à se heurter, organisation pr<'parée depuis le lendemain d'léna, en 1806, el qui venait de se rév{•ler si puissante, en 1866, durant la campagne de Bohême. Cependant, tout bien examiné, l'instruction à elle seule n'est pas un facteur d" révolution; l'.\llemagne a mis en pratique depuis longtemps l'instruction primaire; son peuple esl le plus instruit; c'esl lui qui, depuis plus d'un demi siècle, a compté le moinsd'illellrés, ce qui ne l'empèche pas d'èlre un des plus soumis aux autorités, d'être le moins agité par les crises politiques. Toul dépend des condilions dans lesquelles est donoée l'instruction, surtout l'éducalion qui csl sa compagne obliµ-fe, son complément nécessaire. L'instruction meuble plus ou moins le cerveau, - c'est une question de programme, mais l'éducation forme les consciences el apprend aux hommes à se servir des éléments fournis par l'inslrnclion. Elle peul être la meilleure ou la pire de choses. Il es,Lsurprenant que les monarchies el l'Empire qui se sont succédé en France, depuis la forn1idable Mlx\cle de 181..J el 181:;, ne l'nienl pas compris. La bourgeoisie fran~:aise, mème après la guerre, a mis du trmps à comprendre ces nêcessilés cl ces faits: il a fallu. pour qu'elle se décide à inler- ,·enir, la pression de l'opinion publique el encore ne s·y est-elle résignée que quelque Lemps après la fondation régulière de la République. JI en a été, du reste, de m<'mc pour l'organisation de la défense nationale, encore si incertaine après trente-six ar\llées de laborieux eOorls et des sacrifices qui se chiffrent par milliards. C'est que la préoccupation dominante de la classe possédante cl-dirigeante, dans les divers parlis qui la composent, c'est surtout la défense du système qui assure ses privil,'ges éeonon,iques. ~]ème quand des sentiments élevés la hantent, telle l'indép<·ndance <le la nation, elle oscille entre les mesures qui s'imposent jusqu'à l'évidence el les dangers qui peuvent en résulter pour ses inlér<'ls. Elle e,t aflligfo d'un « <·onsen·alisme » aveugle qui l'cmpè;he de s'orienter; loul esl pou,· l'cll'r:iycr cl elle s'effare à la moindre crise inlér·ieure ou exlérieu,'c qui suq:;it, car elle n'a su prendre que des mesures incomplètes pour les prévenir ou y faire face. Ce sont ces préoccupations, encore fortes aujourd'hui, parmi une fraction •notable du parti rl·publicain, qni marquent l'é,•olution à dater de l'année 18ï6. (Juanl aux partis <le réaction proprement dits. ils ne cessent leurs tentatives en vue de regagner le terrain perdu. C'est l'œu\'l'e à laquelle s'attachent les cabinets qui se succèdent cl, phénomène curieux mais au fond normal, loul réactionnaires ou mo<léréb que pourront èlr·e ces cabinets, ils paraitront telle ment révolutionnaires que, parl'ois, ils deviendront un sujel d'épouvante pour le l'r·ésidenl de la llépubliquc harcelé par son entourage.
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