lï8 HISTOIRE SOCIALISTE de passionnées cl parfois orageuses séances. Le scrutin d'arrondissement ful adopté. Enfin, il fut pl'Océdé à l'élection de 75 sénateurs inamovibles. Celle t~lcction donna lieu aux intrigues, aux combinajsons, aux alliances les plus invraisemblables, les plus inallendues. Il fallut plusieurs séances pour en lerrniner cl les scrutins divers ne pass~renl pas sans déchaîner de violents orages. Le parti orléaniste représentait pour les républicains le danger le plus sérieux: l'exlrèmc droite légitimiste lui tenait rancune de ses mancruvres peu franches el les bonapartistes l'exécraient: ce ful contre lui que se formèrent les coalitions, ce ful lui le véritable ,·aincu. c·étail le parti républicain qui, quoique minorité, restait maitre du champ de bataille avec plus de c,nquanle i'lus. )1. le duc l)ecazes, ministre des affaires étrangères, épl'Ouvait un échec lamentable car il n'avait recueilli que I Jï voix. L'.\ssembléc esl arrivée au terme de ses travaux essentiels; elle n'a plus de raison d'<'lrc; rllc ne peul continuer sa résisla.ncc au mou,·ement de l'opinion; elle va se séparer pour jamais; avant son départ clic pourrait avoir un beau geste, un geste de générosité; la droite ne \'eut pas el la gauche n'ose. )1. .\. :'\aqucl a déposé une prnposilion d'amnistie. Elle esl repoussée par la question préalable réclamée par 11. Langlois, un des plus violents, des plus sectaires modérés de la gauche. Cependant ils sonl nombreux ceux que leurs familles cl leurs amis allcndenl. Le l"juillel J8ï5, suivant le rapport de ~I. Voisin, au nom de la ~0mmission des gn\ccs, il rcslecncore 23:3 hommes et ï femmes au bagne; :l.l;(Y.) déportés; en prison l .fi~i personnes, sans compter les proscrits lri•s nombreux répandus dans loule l'Europe el en Amérique, mais 1,lus parliculifrement en Suisse, e11Belgique el en Angleterre. L'étal de siège csl en vigueur dans ?.ï déparlcmcnls où le parti répuolicain el sa presse sonl livrés à l'arbitraire militaire; l'Assemblée n'y ,·eut rien changer; à ,\Iger seulement l'élal de siège csl levé. Enfin, le :11 décembre 187::i, à six heures, l'Assemblée se prorogeait jusqu'au 8 mars 1876, clale à laquelle, par su ile de la réunion de la Chambre el du Sénat, ses pouvoirs deraienl prendre fin. Ce fut un soupir de soulagement qui accueillil sa disparition si longtemps cl si impaliemmenl allendue. Elle avait été liai1ocuse, incohérente el son impuissance avnil été telle qu'avec une énorme majorité rétrograde elle n'avait pu que fonder la l\épublique, objet de ses haines les plus intenses. Elle emportait l'exécration des républicains sincères, des socialistes, pour l'œuvrc sanglante par elle accomplie de Mars à Mai 18ïl. l~lle restera devao.l l'hisloin• l'Assemblée do la capitulation dcvanl l'ennemi el de la réaction sous ses aspects les plus somb,·es. Tandis que se déroulait l'année !Sï;;, la France avait traversé des heures de poignante angoisse. Elle s'était trouvée à deux doigts d'une guerre avec l'Allemagne donl le gouvcr,wmcnl s'inquiélail de sa réorganisation militaire cl de sa grande vitalité s'affîrmanl de jour en jour. Elle fut heureusement évilée; nul ne peul dire quelles en eussent élé les conséquences.
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