171 HISTOIRE SOCIALISTE rcslrr au pou,oir cl faire face oux rxigencrs de la silualion nouvelle. A quel ,·lémcnl allait s'adresser le Prési<lrnl de la République '/ Logiquement, les gauch,•s formaient la majorit,< avec l'appoint du ccnlre-droil el des membres Je la Jroile qui avaient volé la Conslilulion, tels que i\lM. lluffcl cl de Broglie; c'était Jonc dans le centre-gauche, au moins, que devait èlrc rhoisie la majorité du minislfre. ~lais celle solution logique n'était ni il allendre, ni à espérer; elle ne pouvait êlre dans les vues du Président de la Hépubliquc qui, du reste, par la "oie du J()ur11a/ Officiel avait fait connallre • <1u'apri•scomme arnnl le vote des lois conslilulionncllcs, il élail fermemenl résolu à maintenir ks principes conscnaleurs qui faisaient la base de sa politique depuis qu'il avait re~u le pouvoir tirs mains de l'.\ssembléc •· Ur négociations en combinaisons, un ministère naquit. i\l. Buffet en élail la clé Je ,·oille, mais il n'a,a,l accrpl(• celle mission qu'apr~s avoir l:ilé l'Assemblée nationale en lui denrnndant de le réélii-e président; clic l'avait foi!, lui ,lonnanl ainsi, par anticipation, un vole de confiance. Comme collauoraleurs il complait )Dl. Dufaure à la ./us/ire, le duc Decazes aux Affaires ilra119fres, Léon Say aux Finances, \\'allon à l'/11s/r11clio11publir111e, le général de Cisscy à la {;u,rre. l'amiral de )lonlaignac à la Marine, le \Ïcomte de \!eaux à l'A9ricullw·e el au C,,mmerre, Caillaux aux Travaux publics. Le l'l mars, le Cabinet se présenta devant l'Assemblée. La déclaration, lue par )1. llulîel, étaôl imprégnée du plus parfait esprit réacteur; elle allait jusqu'à affirnH·r que, non seulement le personnel adminislratir ne se rail en rien modifié, mais encore c1ucle gouvcrnemenl entendait le couvrir. Ce fut de la stupeur clans les rangs de la Gauche cl même d'une nolPble partie de la Droite, car, à quelques jours d'intervalle, on ne pouvait oublier le rapport SavarJ qui avnil si nrll~menl ,'lal,li la complicité acli,•e de nombreux agents ad,oioislratirs dans la conspiration bonapartiste. C esl, san, doute, à ce sentiment que fui duc la forte majorité qui porta )1. le duc d'Aud1fircl-Pasquier au fauteuil de la présidence, en souvenir de l'alliludc lr~s catégorique, très véhrmcnle, <1u'it avait fréquemment prise contre les bona11arlisles. l n membre de la Cauche, ~I. Ouclerc, rut élu vice-président contre deux memurcs de la IJroile, )l~I. Lucien Brun cl Drlsol. La réaction esl au pouvoir cl les positions sont nellemcnl prises pour ou contre dans l'Assemblée el dans l'opinion. Les manifestations cléricales se conlinurnl un peu partout, encouragées, favorisées, protégées; sous l'impulsion de ccl ennemi juré de Loule liberté qu'est M. Uuraure, la presse républicaine ,•sl traquée, accablée de prison el d'amendes; mais les manifestations républicaines se mulliplicnl aussi; c'est une poussée ardente qui se fait 1•arloul sentir, qui résiste aux menaces cl entraine le pays. La propagande en fneur de l'amnistie se développe cl groupe de nombreux adhérents; au cimetière Montparnasse, le 2\) mars 1875, plus de 100.000 Parisiens se pressent, escortant le corps d'Edgar Quinet. Victor llugo, Gambella, Il. Brisson et M. de Laboulaye
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==