J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

ll!S'l'OIRE SOCIALISTE direction el les moJérés de gauche vont fré(1uemmenl marche,' avec eux pour faire que la H~puhlique proclamée reste aussi conservatrice, aussi monar<-hique que possible. ,\pri·s la proclamation Je la responsabilité colledive Ms ministres el Je leur responsabilité imli, iduelle dc,•anl le~ Cham ores, la responsabililf du prtsirlrnl dans le seul cas de haute ti-ahison, l'élection par les d<·ux Chamhn•s du Président de la H<'publique en <·as de vacance, l'Assemblée vole l'a.-ticle li, qui porte que les dèux Chambres auront le droit, par délibérations séparées. prises dans chacune à la majorité aosoluc des voix, soit spontanément, soit sur la demande du Président de la Hépublique, de déclarer qu'il y a lieu à re, iser les lois constitutionnelles et qu'elles y procéderont en se réunissant en Assemblée nationale, mais avec cette restriction que, durant les pourni,·s rnnf~rés au maréchal de )lac-~lahon, lui seul aura le droit de proposer lare, ision. C'était l'empreinte monarchiste bien caractérisée; die est dans la ,tradition royaliste; elle a pénétré et elle marque maintenant, depuis 18ï~. la tradition républicaine bourgeoise, puisque, malgré la conslitulion de majorités républicaines très fortes ~ans le parlement, elle est restée dans la constitution qui nous régit; ils sonl relativemenl très rares ceux qui, au Luxembourg ou au l'alais-l.lourbon, parlent Je supprimer cc droit de dissolution. )lalgré son calme, Paris républicain décimé, faisait encore peur, aussi l'article ï slipula-l il que le siège du pou\'oir exécutif el des deux Chambres resterait à \'crsailles. L'Assemblée décida il une énorme majorité qu'elle pro- ~éderoil à une troisième délioération el elle prit quelques jours de repos, jusqu·au JI fé\'rier, datt: à laquelle,elle enlrepril la deuxième délibération de la loi sur le Séoal. .\ux yeux des membres de la lJroile, le Sènal devait jouer un rùle important, le rùle de refuge el de place forte de tous les ennemis de la Hépul,lique; par la puissance mème que lui donuailla constilulion, avec la collabora Lion du président de la Hépublique, il pou va il entraver, annihiler tous les efforts d·une majorité ,·épublicainc occupant la Chambre des dépulés. Ses pouvoirs étaient définis ou à peu près, le problème capital résidail dans son mode de recrutement. Le rapporteur du projet de loi, M. A. Lefèvre-Pontalis avait fidèlement résumé la pensée de la Droite el m~me des timorés des Centres : « Xous vou Ions opposer au parti révolutionnaire une barri,'re suffisante pour qu'il ne puisse pas s·emparer légalemenl du pouvoir». Le « parti révolutionnaire» ne comprenait pas seulomcnl l'Extreme-Gauchc parlementaire cl « les éléments de désord.-e », mais il englobait jusqu'aux amis les plus «sages» de M. Gambella: El l'orlicle du projel élaboré par la Commission disait que le Sénat serait composé de ~énaleurs de droit, de sénateurs nommés par le président de la nt,publique, de sénateurs élus par les départements ri les colonies: quïl ne pouri·ail compter plus de trois cents membres. En prem'it\re lecture, les républiéains, y compris M. Jules Simon, avaient repoussé l'institution du '

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