J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

HISTOIRE SOCIALISTE 1lit elle fil aa1lre dans l'espri'l de Lous <les perplexités. lellemenl que son ren\'oi il la Commission fui adopt,, sur la proposition de )1. de \'enla\'Oll. A la réflexion, les républicains reconnurent que son adoption serait pour eux une victoire importante, parce qu'il n'y aurail plus, dès lors, place pour une rcsla\lralion légale de la :\lonarchic: cc sera il la base mème d'une Constitution républicaine puisque, légalement, il reslerail stipulé que Chambre ri ~énal réunis en .\sscmblée nationale, ne pourraient élire qu'un président de République. C:'élail peu el beaucoup à la fois. Ues négociations s·engagi·rcnl entre les gauches, le ccnlrc-gauche en rne de la ligne de conduite à adopter. ~Dl. Gambella cl Jules Ferry, Léon ~ay, Bt'renger, IJufaure el ~I. Léone,· de La,crgne, du centre-droit, Nablirenl les bases d'un accord el il parut qn'rn manu-uvranl a,·ec habileté. prudence, oi1 pourrait lrou,·e,· une majoril!' pour rnkr l'amendement \\'allon ou du moins serrer de prcs la ,icloirc. Le 30 jan\'ier, le combat recommen,;a. La Commission des Trente rcpou,,c l'amendcmcnl de :\1. \\'allon <Jui le défend. Dans son ouvrage de Paris a \'ersailles, )1. Hanc, en quelqnes lignes, a tracé un croquis très exact de celui qui. dès celle sl'ance, fui paré du litre de« père de la Hépublique » : " )1. \\'al Ion soutint son amendement a,·ec d'infinies précautions de langage. Il sembla,! demander pardon à Dieu cl aux hommes d'èlre réduit par la force des cho'!'S à dt'fcndrc le rég-inw répuhlicain. ~!. \\'allon a eu son jour de gloire. l'rofcsscu,· ,ans auditoire, écrivain sans lecteurs, la politique l'a d'un seul coup bom1,arM à la céli'brili•. Il élail né pour l'oubli, el son nom vivra: nul esprit plus rétrograde que le sien, el cc nom sera, dans les souvenirs, allaché à la fond;1tio11de la Hépubliquc. Le sort a de ces ironies"· )1. \\"allon ful. Pn clfol, peu licou!(· par une .\sscmblée sur laquelle il n'a,·ail aucun<' autorité el dont le siège était di•jü fait. l'n amendemenl asse, perfide présent<' par )1. Desjardins fut repoussé il une &norme majorité cl il fui procéd{• au ,·oie sur l'amendement \\'allon modifl,, en cc ,ens que l',·ll'dion du président de la République dc,ail a,oir lieu à la majorilé al,solue el 11011 a pful'(l/ilé des suf/i·ages, aprrs une déclaration de ~I. IJufau,·c qui résumai! l'i ,·onfirmail l'accord conclu : « .\vcc l'honorable )1. \\ allon, a,·cc un grand nombre de mes amis, j'admets parfaitement en premier lieu que, par l'amrndemcnl de "1. \\'allon, nous ne porterons aucune allcinle aux pou\'Oirs qui ont été conférés, le ?O novembre, il :\1. le président de la République el, en second lieu, ,,ue nous admettons le droit de reYision "· li élail pri•s de sepl heures quand le résultat fui proclamé; l'amendement \\ al Ion éla1l adopté par 353 voix contre :~5?. La majorité Nait bien chi·ti,e. ma,s clic ful accueillie par les applaudissements enthousiastes de la gauche qui a,·ail volé avec un ensemble parfait; une partie du centre-droit avait formé l'appoint; les amis Je M. Léonce de Lavergne élaienl restés fidèles au pacte. La Hépul,lique élail fondée el il y eut en France une détrnlc. Le IC1'l'iloire a,·ait été libéré de l'rnrnhisseur; la France élail libérée de la monarchie. 11

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