J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

124 HISTOIRE SOCIALISTE redoutables, dans les premières rencontres, à \Vœrlh-Frœschwillor, par exemple·? Dans sa joie,dans sa prospérité, l'Allemagne conserve sa qualité dominante, la ùiscipline: elle est dans son génie, ses traditions; elle sert à ses maitres pour la gouverner; clic va servir à son prolétariat pour travailler à l'œuvre de son afiranchisscmenl matériel el moral. La discipline cl l'aulorilé, comme la langue, peuvcnl èlrc les pi.-es ou les meilleures des choses, suivant l'objet auquel on les applique. Elles consliluenl la force des races du :'-lord; leur absenceesl une des causes de faiblesse des races latines, aussi uqc des causes de leur développement moral. Avec une grande divcrsilé de moyens, chaque groupe humain collabore au progrès général. L'Allemagne est devenue une vaste caserne, c'est vrai; elle est aussi devenue, un formidable laboratoire; parallèlement à l'effort matériel se poursuit l'cITort intellectuel, scientifique, philosophique, littéraire, artistique, sociologique. La notion de discipline vis-à-vis de l'l~lal fait naitre la notion des devoirs de l'l'.tat; la vieille doctrine économique de l'l~colc anglaise, d'aspect libéral, s'écroule pour faire place à la doctrine inlcrvenlionnisle; c'est elle qui qui s'expose dans les chaires officielles cl fait naitre Ioule une série de mesures législatives en fa,•eur des travailleurs, diminuanl bien de leurs risques, sans toutefois entamer les privilèges des classes possédantes; sans, du reste, retarder d'un jour le développement du parti socialiste, <lonl les représentants élè,•enl la voix à la tribune du Reichslalg cl bravenl les fureurs du Chancelier de fer. Chaque période électoral<> affirmera les progrès de la démocrnlie-sociaf/stc guidée par la pensée de Karl Marx, conduite par des hommes de lèle cl J 'énergie lcls que Liebknecht el Bebel, aidés par des collaborateurs dévoués, instruits, infatigables. La fusion de l'élément Lassallien lui donne son unité sous le programme communiste <le l'Inlernalionale. La démocratie-socialiste ne s'engagera pas dans la voie d'une politique violente, révolulioonaire, qui n'est ni dans le lempframenl ni dans les lradilions du prolétariat allemand. Puis, l'heure·n'a pas sonné. Ses groupes s'allachcronl à la lente, difficile mais ~0,·c conquête des cerveaux ouvriers, des pelils fabricants, des petits commerçants; clic trouvera de précieuses recrues dans la jeunesse des écoles ; avant p<,uelle sera un sujel de graves soucis pour M. de Bismarck· toul puissant el pour le gouvernement impérial. La discipline lui aura servi à consliluer u,rn armée puissante, d'aspect peut,..êlre passif, mais près de s'éveiller el d'agir. Les Élals-Cnis d'Amérique ont réparé rapidement les maux qu'avaient entraînés la longue el onéreuse guerre de sécession. Tandis que les Étals qui ont lullé pour l'abolition de l'esclaYage, moins poussés pa~ des sentiments humanitaires que par des intérêts économiques opposés à ceux des États escla-, vagistes, affirment de plus en plus leur prodigieux développement économique,

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