J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

108 HISTOIRE SOCIALISTE ~phrmi•rc ri ,·011,·c à un 1'rro11lemcnl rde11lissanl: M. lleulé. M. A. Ranc, dans ses si inlérrssanles, si 1>iq11anlesnoies, ,·éritables reuilles de route d, Bordea11.r à 1·ersail/e.,, conle l'an,•cdolc suivante : " Le 'l(; ou le 27 mai, le rédacteur en rher du Jo11rnal de Pari.,, ~I. llcrvé, rrnronlrant un de nos amis, lui tint ,·11propres t,•nnes ce langage : « Il J a dans 11•minist~ro, sans parler du u du,· d,• Llrogloe, un homme d'f)al do premier ordre; vous verrez, ce sera une n rl'\(·lation '. ,. l' Qui donc ça1 11 rrpondit nolrt• ami, légèrement interlo- " qui<, La Llouillcrie ·? • '\e plaisante, pas, reprit Edouard llervé de son ton le plus sérieux, c'est « de Brulé quo je veux parl,•r ! » ~!. Beulé qui, il juste tilrc, avait eonquis, dans les milieux littéraires cl académiques. la répulalion d'homme disert, d'historien érudit, original, de lin ll'ltré, dc,·ait faire de rapides dHJUts; ils curent un retentissement que n·attendaionl ni le chef du cabinet ni M. llerv(,, ni le cénacle précieux de ses admirateurs et admiralrirrs. La t,lche, il faut c·n convenir, n·était pa~ aisée. Le nouv,au ministre était par avance condamné il l'impuissance en matière de politique constitutionnelle; il était le refkt e,acl des tliflércnts partis politiques dont la coalition formait la majorité de l'Assemblfr; partis unis contre la République el ses conséquences les plus modérée~, mais toujours prèts à se heurter dès que se présentait une ré,olulion sur la forme di-finitive à donner au gouvernement de la France. Tous les projets de fusion entre la brnnche alnfo cl la branche cadette des Rourbons a,airnt érhou(• cl le parti bonapartiste ne se montrait pas disposé à une rrslaurntion qui l'aurait rejeté au dernier plan, dans l'opposition. li fallait donc se résigner à une politique lrrrc•Ù•lerrc, de détails, d'expédients cl de luttes contre les progrès du parti républicain; à un changement, ou pour mieux dire, à une« é1H1ration • du personnel administratif; à peupler tous les postes de créatures dévouées el tra,ailler la matière électorale pour tenter de reconquérir les sièges perdus. A la hauteur de cette basse besogne, le cabinet ne devait meme pas <'lr<>capable de s'élc,·cr. IJ,'s son installation, ~). Beulé lan~a deux circulaires aux préfets, l'une devait rester secrète, l'autre était destinée à la publicité; elle devait, selon une formule déjà connue« rassurer les bons el faire trembler les méchants ,; ce n'était autre, en réalité, que des instructions en vue de l'organisation de la cand,dalure officielle, à chaque fois qu'une élection se présenterait; pour des élections génfraics, le cas échéant, quoique l'Assemblée ne manifestât aucune velléil/• tic se dissoudre, de se rendre au vœu nettement formulé de l'opioiol) publoque. Celle circulaire prov0<1uadans la presse républicaine de fort énergiques protestai ions. Quant /J la première, elle devait se révéler dans des circonstances telles qu'il est ulile de les rappeler. Le /li'néral 1.a<lmirault, qui, en qualité de gouverneur de Paris placé sous le régime de l'étal de siège, élail le véritable mallre de la presse el unit

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