J. Labusquiere - La troisième République ; J. Jaurès - La conclusion: le bilan social de 19. siecle

106 HISTOIRE SOCIALISTE les vives inquiétudes inspirées par la chute de ~J. Thiers, pour comprendre que de graves g, ief's furent oubliés quand elle se produisit. Ce ne sera pas, du reste, la dernière fois que se formera, dans un bul passager de défense, la concentration de toutes les forces républicaines. Ce qui était pour particulièrement abrmer l'opinion el faire naitre' les plus 1-;randesdéfiances, c'était l'arrivée au pouvoir suprême d'un soldat, le maréchal de ~lac-~lahon anx yeux des plus optimistes représentant le parti militaire, la vieille armfe impériale qui arnil si bien soutenu le régime issu dn coup d'l::tal de décembre et si déplorablement défendu la France contre l'invasion <'trangè're. Quelle attitude allait-il prendre, lui qui venait d'èlre choisi par une coalition en mal de restauration monarchique·/ Allait-on se trouver en présence d'un nouveau Monck qui préparerait la voie à un prélendanl, puis l'aiderait à monter sur le trône'/ Serait-il l'agent actif ou passif de ceux qui venaient de l'élire·/ Sans compter ces hypothèses, sources d'inquiétudes, une autre appréhension, aussÎ grave, aussi intense naissail. Le représentant de l'armée vaincue, deux fois vaincu lui-même dès le début de la guerre, incarnerait-il l"orientation vers une prochaine, la plus prochaine revanche? Quelle ligue de conduite adopterait l'Allemangné contre la France en prévision d'~ne politique belliqueuse? Or, le pays tout ~ntier voulait la paix, el l'inquiétude gagnait même les masses fidèles aux conservateurs. Cependant, à bien réfléchir, il semblai, que, quoiqu_e très conservateur, très clérical. très militaire, le maréchal de Mac-Mahon ne pouvait se prêter à Ioules les combinaisons politiques de ceux qui, faute de mieux, venaient de le porter au pouvoir. Soldat médiocre comme générnl en chef, il availle sentimeuldeson incapacité militaire, incapacité qui n'excluait naturellement pas une réelle bravoure; ce sentiment il l'avait tellement vivace qu'il l'avait manifesté, alors qu'au camp de Châlons, surloul après les deux premières journées de marche, il avait proposé de ramener l'armée sur Paris, au lieu de la porter vers Metz par Verdun. Il avait compris qu'il n'était pas de taille à conduire stratégiquement el lacliquement 120,000 hommes contre l'ennemi dirigé par un étal-major habile, entrainé cl déjà encouragé par d'importants succès. li ne se décida à marcher de l'avant que sur des ordres formels. La blessure reçue, dès la première phase de la batailleJe Sedan, l'avait sauvé de la signature d'une douloureuse capitulation. Un acte était aussi pour frapper, car il forma un contraste vraiment violent avec l'attitude générale de Lous les personnages civils ou militaires qui faisaient assaut de servilité pour s·attirer les bonnes grâces de !'Empereur et de son entourage. Le gfoéral de Mac-Mahon, celui qui par sa crânerie tenace avait déterminé la prise de la Tour Malakofl', clé de Sébastopol, avait été nc,mmé membre du Sénat. En 18;;8, alors que le général Espinasse, un des exécuteurs les plus audacieux el les plus féroces du Coup d'Etat, devenu

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