HISTOIHE SOCI.-\LISTE vieil absolutisme, pomraicnl se féùérer. « Hien n'élail plus facile, dit-il le ~ décembre 186ï, que de consliluer chacun des Elats de l'Italie en Elal libre cl indépendanl. Il y avait là un premier exercice à oflrir à l'aclivilé des Italiens. Il y en avail un second. On voulait donner à la P,'ninsulc la forme féùéralivc . .\près s·ètre conftilué libremcnl, chaque Elal de l'llalic aurait eu il se faire sa place dans la Confédération unique. li ); avait là un nouvel exercice offorl à l'activité des Italiens, et l'un comme l'autre a surr. cl suffit encore à rune des nations les plus énergiques el les plus respectables de l'Europe, laquelle n'a cerlcs jamais cherché à s'effacer, la nation Suisse. Si, au conlrair~. nous poussions l'Italie dans la voie de l'unité, ou tout au moins si nous l'y laissions entrer. quelle eu de,·ail èlre la conséquence'? Elle allait se constituer en grande monarchie, à ses dépens, aux nôlres, à ceux de l'Europe. » c·esl, comme on voit, la thèse de Proudhon. Mais quelle conlradiclion et quelle chimi>rn 1 ~I. Thiers reconnait qu'il y a chez les peuples d'Italie un besoin d·acti,·ilé sponlané el vrai. El il prétend que la France aurait dû lui tracer du dehors son emploi cl sa limile. ~lais commcnl cc peuple, en qui s'éveillent des énergies nouvelles, des appétits nouveaux de force et d'action, aurait-il toléré qu·unc puissance étrangère lui impos,\l des conditions et un programme·? :'ion seulement ~!. Thiers regrelle que la France ail secondé le mouvement d'unité italienne, il lui parail encore qu'elle n'aurait pas d0 « le laisser faire "· C'était l'inlervenlion en llalie cl contre l'llalie, une intervention qni ne serait pas limilée à Rome et à la d6fonse du pouvoir temporel du pape, mais <1ui s·6tendrait à tous les Etals pour leur interdire par là force une politique d'unité. C'est une politique d' « antinalionalité "· C'est une aberralion cor.lrcrévolutioonaire. ,; Pour tromper vos aspirations et votre envie, ,·ous irez jusqu'à la Fédéralion, vous n'irez pas au-delà.» Mais cette Fédération italienne, proposée comme un dérivatif à l'activité impatiente de l'Italie, qu'aurait-elle été'? Ou elle n'eût été qu'une apparence, qu'un mol; le lien fédéral et\l élé si faible que les forces des divers Elats n'auraient pu vraiment el efficacement s'unir pour une action diplomatique et militaire, et c'étail alors une ombre dïlalie, un fantôme .décevanl, qui aurait irrilé Je désir. C'est bien ainsi que l'entendait M. Thiers, car en quoi une Fédération italique, si elle e0I été sérieuse et efficace, eût-elle moins inquiété la France que l'unité italienne? Si M. Thiers qui a peur d:une grande monarchie italienne accepte la Fédération italique, c'est qu'il compte bien que celle-ci, tiraillée, discordante n'aura aucune action sur les affaires de l'Europe. Celte Fédération, dispersée et inerte, qui n'e0l été que la survivance el la consécration dérisoire des désunions anciennes, l'Italie n·eol point tardé à la rejeter avec dégoût et colère. C'est avant 1859, e'esl avant la guerre contre l'Aulriche, guerre u'unilé aussi bien que d'indépendance, qu'il eill fallu, selon M. Thiers, tourner vers Je fédéralisme la pensée de l'Italie. Mais avec une fédération trop lâche, comment
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