46 HIS1'0IRE> SOCIALISTE l'intérêt pour les duchés, qui s·csl déchainé en temp<'lc il y a quelques mois, allait moins à la question même du Schleswig-Holstein qu'à la question allemande, qui semblait devoir trouve,· en cc conflit une solution. Mais, depuis que l'affaire n'est plus qu'une question de puissance et d'influence entre la Prusse el l'Autriche, la passion excitée des masses est.retombée, ou a pris une autre direction. D'ailleurs la joie de voir que les duchés ont cessé d'être danois contribue à cet apaisement; mais cela n'empêche pas que dans les Etals allemands du Sud, un sentiment de désapprobation va s'étendant tous les jours, pour le rôle passif auquel ces Étals onl été condamnés, dans une question qui louche aux inlérêls allemands. « Ce sentiment est commun aux gouvernements el au peuple, cl il apparait nécessaire aux gouvernements de chercher le moyen de sortir de cel élal de choses. Les hommeg d'J~tal bavarois voient le salut dans ce qu'on appelle la Triade, c·esl-à-dire dans l'union plus étroite des Etals moyens el dans leur organisation en un Etal fédéral sous l'hégémonie de la Bavière, un Etal fédéral qui formerait, avec l'Autriche cl la Prusse, le véritable Étal fédéral allemand. « ~lais la réalisation de celte idée se heurte à bien des obstacles en ce moment infranchi•sables. D'abord le refus des diverses dynasties de renoncer à une partie de leurs droits de souveraineté, au profil de la maison régnante, qui serait à la We de cc pelil Etal fédé-ral. Je crois que ni le roi de Sa,e ni le roi de \\'urtcml>erg n'auraient beauco\ip de goùl à renoncer à n'importe quel droit au profil de nolrejeune roi, Le roi de llanovre n'y a non plus aucune inclinalion. « t·n deuxième obstacle esl formé par la répugnance du parti démocratique à l'idée de la Triade. La démocralie de l'Allemagne du Sud cl de l'Allemagne moyenne, appartient en parlie au Naliorw/verei11, el s'efforce avec lui d'organiser un Elal fédéral allemand sous la direction de la Prusse. Elle tient le gouvernement de M. de Bismarck pour un mal passager après la disparition duquel l'idée de celle enlcnle allemande pourra se réaliser. Les autres démocrates sont consciemment ou inconsciemment des républicains, qui allendenl le Lemps 0,1 un orage démocratique, passant sur le continent, ébranlera les trônes el ramènera les temps heureux d'une Assemblée nationale constituante pour Ioule l'Allemagne. " c·esl, semble-l-il, une analyse excellente de l'étal d'esprit complexe ~incertain de l'Allemagne du Sud <·ncelte période qui ,·a de l'affaire des duchés à la guerre de 18üG.Tandis qu'une parlic de l'opinion europfennc oubliant un peu que les peuples de Schlcswig-llolslein étaient _allemands cl demandaient leur retour à l'Allemagne, ne ,·oyait dans la gucrl'C des duchés qu'un attcnlal de la Prus~e; l'Allenrngnc Ioule entière se réjouissait qu'une population allemande fùt arrachée au Danemark. Les Etats du Sud déploraient de n'avoir pu jouer un grand rôle allemand dans celle lil.>fration allemande, cl malgré ioules les parlienlarilés de mœurs cl de pensée qui les séparaient de la Prusse, malgré leur méfiance il l'égard de l'ambition prussienne, ils étaient toul près à saluer
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