J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE l!ll bourreaux. Le 22 férricr 1Ri2, elle fusillait trois des soi-disnnl meurtriers des généraux Lecomte cl Clément Thomas, llerpin-Lacroix, Lagrange el Verdagner, manifeslcmcnl innocents, el qui moururent au cri de Yi\C la Commune! Le J!J mars, elle fusilla il Préau de Vedel, accusé d'a,·oir tenu la lanterne lors de l'exécution nocturne de Chaudey, par fiaoul Higaull, ~ la prison de SainlcPélagie. Le ;JO avril, clic immolait le vaillant Gcnlon qui, blessé aux barricades, se traina au poteau sur ses béquilles. Le 2:i mars, ce fut le tour du corroyeur Scri,icr, le commandant du fameux 101•du XIII• arrondissement, de Bouin el de 13ou<linimplic1ués dans le meurtre des dominicains d',\rcueil cl qui 0renl honte aux soldats du peloton par leur impassibililé. Le li juillet, deux nouvelles victimes s'adossèrent au poteau : Baudoin cl Houilhac. Le U juillet, la Commission en exécuta quatre du coup : Fran~ois, directeur de la Roqucllc sous la Commune, Aubry, Dalivousl cl de Saint-Omer condamnés pour l'a flaire de la rue llaxo. Le IS septembre, la Commission se contenta de faire coup triple : !Jenivclle el Deschamps accusés du meurtre d'un officier fédéré, de Beaufort, cl Lolivc soupçonné d'avoir participé à ln fusillade des otages de la Roquette·. Le ·22janvier 18ï3, dernii•re exécution, triple encore, d'un membre <le la Commune, Philippo du XII•, pris les armes à la main ; de Bcnol el de Decamps, incendiaires, avait dit l'acte d'accusalio11. Les condamnés à la déportation non plus n·étaicnl pas oubliés. Le gouYernemenl longtemps hésilanl sur le bagne lointain oü il ensc,·elirait pour toujours les braves qui avaiènl osé se lever el lullcr contre lui. arnil fait choix enfin de la :'iournllc-Calédonie, roc inaccessible cl stérile, aux antipodes du monde, à six ,oille lieues de la mère patrie. Mais c'est au bagne déjà el quel bagne! dont il faut lire la description dans l'autobiographie de ceux-là qui y onl passé (1), le fort Boyal'CI,Sainl-~larlin-dc-Ré, rue d'Oléron, lïlc d'Aix, le fort de Quélern, l'arsenal de Toulon, que les condamnés, le boulet aux pieds, le fouet de la chiourme sifflant à leurs oreilles, atlendaienl l'embarquement, Ce jour vint enfin. Le 3 mai 18ï2 la Danaé ouvrit la marche sinistre avec trois cents déportés. Sui,irenl la Guerrière, la Garonne, le rar, le Rhin, la Sybille, l'Orne, le Calvados, la Virginie, cages infectes, foyers d'infection, enrcrs .flollanls. Les déportés, plus mallrailés que les criminels de droit commun, y sont en bulle à tous les allronls el à Loufes les tortures en uno traversée qui dura cinq mois en moyenne el offrit (IUX re<1uins abondante pature. Il y avait là des hommes, des membres do la Commune: Paschal Grousset, Jourde, Rastoul, Verdure, Trinque!, Amouroux; des fonctionnaires du gouvernement révolutionnaire : Fontaine, Henri Brissac, Lucipia, Dacosta, Hoques de Filhol, Balsenq; des comballants qui n'avaient pu trouver la balle libératrice sur le champ <lebataille: Lisbonne, Cipriani, les frères Allemane, Henri Place; (0 Consulter lt• Alémoiri• d'11n Gom.munord, par Je1rnAllcm11nc.

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