J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIISTOJRE SOCIALISTE 471 caclwnl : cela sans pilit, saM col~rc, 3\'CC la fermrlé qu'un honn1'lc homme mcl à accomplir son devoi1·. " El dans un nuire numt'ro : " Il reslc à \1 Thiers une l:1rhc imporlanlc : celle de purger Paris ... Jamais oc<·a•ion pareille ne se rcprésenh•rn pour guérir Paris de la gangr-'ne morale qui le ronge depuis ,ingl ans. L'armée esl enlr~c par la bn'che, au milieu d<•s barricades cl des ruines fuma nies: donc les Parisiens doivcnl ~ubir l1's lois de la guerre, si terribles 11u'llles puissscnl êlre. Aujourd'hui la démence serait de la dt'mencc. , L'l"'lépenda11ce Fra11ç11ise: « lfofin ! ! Enfin, Paris est débarrassé de celle tourbe de bandils, de pillards, d'incencliair1'•, de voleurs <tui lïnfrslaicnl depuis deux mois ... Au moment oi1 le soufllc nous revient, oil l'a11·renlre dans nos poumons flétris par l'impur courant de ces monslrcs odieux, un seul cri peul sorlir de nos lèvres cl ce cri sera celui de tous les Frnncais : Pas de pilé pour ces inf,\mes. l 11 ~cul ch:llimenl peul expier de pareils crimes : La mort!" Il semblerait qu'on ne pul pas aller plus loin dans l'ignol,le. t·ne feuille y alla pourlanl. Laquelle·! Le propre organe du f\'Ouvernemrnl, le ./r,11rT1al Officitl, qui disait, qui avait dil Mjà à l'heure oü c,•, arlides dt- sang paraissaient, en guise de supn'mc exhol'lalion, sans doule, du Chef de l'Exéculif à l'arn1ée: « )•'ailes un peu cc que les grands peuples énergiques foraient en pa1·cil cas. Pas de prisonfliers. Si, dons le las, il se lrou,•c un honrn'lc ho·mme réellemenl entrainé de force, , ous le \'Crre, bien. Oans cc monde-là, un honnèle homme se désigne par son auréole. Accordez aux braves suldals la libel'li, de venger leurs comaraues, en faisan! sur le lhé,Hre, cl dans la rage de l'aclion, re que de sang-froid ils ne voudraient plus faire le lendemain : Feu.' • L'armée cependant a\'ail il peine besoin de ces excilalions el de ces cncou• ragemenls. Le troupeau, peul•èlre; ruais point les chefs. Les généraux qui commandaient connaissaient le métier, O)anl gagné leurs premiers galons aux mitraillades de Juin el au, fusillades de Oéccmbre. Ils ,·la1<•nl,- cl comm,' eux, du reslc, lous les au Ires officiers de moindre grade, leurs subordonnés, - les créalure~ de l'Empire, massacreurs par vocnlion cl lra,lilion, aulanl poli• ciers •1ue soldais. Celle origine rnulail que Paris appart\l à leurs veux doublement coupable. Paris. parce que communeux, a\'ail fait le Ili mars, mais Paris, parce que républicain, ovail fait auparnvanl le I seplcmbre, cl les rellrcs bonaparlisles lui pardonnaient plus malaisément encore d'avoir culbuté le lrùne de '\apoléon el d'Eugénie que d'avoir éconduit Thiers el sa bande. Si bien que c'est au moins autant au nom de l'Empire tombé, cl qu'ils espèrent bientôt rele,é, <1u'aunom du gouvernement parlemrnlan·,• de \'ersaillcs qu'ils marchent cl qu'ils opèrent. Le chef de l'Exéculif n donc bi1•11raison J1• placer sa confiance en ces bouchers de profession. Ce n'est pas 1•uxqui s'cmharras• seront des scrupules d'une vainc légalilé. IJ'nulanl que leur ress.•nlnncnl e'alimenle à d'autres sources encore; ils 0111 à demande,· complc aux Pal'isiens

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