J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IJISTOIRE SOCI.\LISTE 403 engagées par Rigaull, en raison même de ses fonctions, ne nous amenait à oo point du récil à un retour en quelque sorte obligatoire. 11s'agit des négociations en vue de l'échange des otages con!rc la personne ue l.llanqui. Meltanl /J exécution le décret pris par la Commune à sa séance du $ avril, en réponse aux atrocités versaillaises, Higault avait fail procéder à l'arrestation el à l'incarcération d'une quarantaine de personnages, drs ecclésiastiques surtout, parmi lesquels l'archevêque Darboy, son grand-vicaire Lagarde, le curé de la Madeleine, Deguerry,el plusieurs pèresjésuiles. Ces nolabilités, clans la pensée de nigaull, répondaient pour les prisonniers fédérés, au cas où des exécutions sommaires analogues à celle de Duval, de flourcns el de leurs compagnons se répéleraienl. ~lais la seule menace sufnl, comme on l'avait pensé à l'llôtel-de-\'ille, à brider la rage versaillaise. C'est ainsi que Rigault el ses camarades de la Préfecture furent amenés à envisager si ces « olages », forl bien traités uu reste par la débonnaire Commune, autorisés à faire venir du dehors nourriture, linge cl publications, ne pourraient pas servir à une autre fin utile aussi, à savoir l'élargissement de 13lanqui. Blanqui élail enco,·e une foi5 de plus le prisonnier de la réaction. Elu à la Commune par les .\\'lll' cl '-X• arrondissements il n'avait pu rejoindre .son poste. En manière d · , eprésailles contre l'insurrection victorieuse du 18 mars, Thiers l'avait, dès:,, 19, fait arrèler dans le Lot, chez des parents où ilélail venu chercher quelque rcp,,,. EpuisJ, malade, il a,•ait été conuuil à la prison de Figeac el nul depuis n'avait eu <leses nouvelles. Higault était des admirateurs fanatiques du vieux révolutionnaire, professant à son égard un culte presque fétichiste : il était persuadé que sa présence à la tète de la Commune redonnerait à celle-ci vie el \'igueur, assurerait le triomphe. li voua donc Lous ses soins à l'œu vre de libération par échange de l'éternel enfermé en qui il voyait le sauveu1· certain du mouvemenl insurreclionnel. Dès le 8 avril, l'archevêque inst,·uit de ses desseins avait écrit une lellre à Thiers pour lui signaler l'exécution sornma,ire des prisonniers fédérés el « le prier de prévenir le retour de ces atroces exès ». A celle lellre privée, 'l'hiers n'avait fait aucune réponse. Son parti élail pris déjà, mais il ne tenait pas à meure encore les Parisiens dans la confidence. Pour les mêmes raisons, à un ou deux jours dé là, il évinçait Flolle, vieil ami de Blanqui qui sans mandat officiel, mais avec l'assentiment connu d'un granll nombre des membres de la Commune, était venu lui proposer l'échange du délenu de Figeac contre plusieurs des otages parisiens. • C'est après ces premiers échecs que Rigaull décida d'avoir recours aux dé.iiarehes publiques el officielles. L'archevêque fut mis au courant des pourparlers déjà engagés el consentit à· écrire lui-mème à Thiers une lettre dans laquelle il exposait les clauses de l'arrangcmenl auxquelles pour son comple il ae ralliait pleinement. Voici les lermea de celle Jellre dont la connaissance esl essentielle pour

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==