398 HISTOIRE SOCIALISTE Grousset fui plulùl mal servi par les agents qu'il envoya à plusieui·s reprises dans les grandes villes du pays qui, <l'abord émues cl soulevées, comme nous l'avons rn, n'avaient pas lardé à retomber inertes cl indifférentes, el, en somme, son zèle resta de nul effet. 'D'autre part, que pouvait bien faire en 1871, dans Paris emmuré, un délégué à la Justice'/ Les temps n'étaient guère propices à la réforme complète du système judiciaire de la Frnnco que méditait, parall-il, Protol. Aussi s'arrêtat-il très vite dans celle voie, se bornant à prendre quelques décrets et mesures qui avaient pour objet'dc simplifier les formalités judiciaires cl de rendre gratuit l'ctablisscmenl do certains actes tels que donations entre vifs, testaments, adoptions, reconnaissances d'enfants naturels, contrats de mariage, actes respectueux, etc. li eut à lutter surtout contre les notaires, huissiers, commissaires-priseurs, greflicrs des tribunaux, terrible engeance qui naturellement faisait guerre sourde à la Commune. JI essaya de transformer les dits officiers ministériels en simples fonctionnaires auxquels il allouait un traitement 11xoel qui, en échange, étaient tenus de verser à la délégation des 11nanccsles sommes perçues pour les actes de leur compétence, ce qui, en vérité, était fort bien. li eut aussi t se débattre contre les empiètements de Raoul Rigault qui chassait sur ses domaines el n'avait pas sur les droits de la personne humaine, en période révolutionnaire, à tant soit près, une opinion aussi libérale que la sienne. Nous verrons cc conflit quand nous reviendrons à la délégation de la S0relé générale. A l'Enseignement, nous trouvons Vaillant. Ce n'était pas précisément d'instruction el de pédagogie qu'il s'agissait alors, c'était de bataille, el Vaillant le sentait certes mieux que bien d'autres. Il indiqua donc plutôt les voies dans lesquelles il aurait marché, si la Révolution avait eu le temps pour elle avec la réalité du pouvoir, qu'il n'essayât de les parcourir. Pénétré de la nécessité de soustraire l'enfance à l'influence du cléricalisme par la laïcité des programmes, il élimina toul enseignement religieux dans les écoles primaires en marne temps qu'il faisait enlever des salles d'études tous les emblèmes cultuels. Il se p.,·éoccupa aussi de la création d'écoles professionnelles qui permissent aux jeunes gens de s'initie,· aux rudiments du métier do leur choix, tout en complétant leur instruction scientifique el littéraire cl ouvrit une de , ces écoles - la première - dans l'aucien élablisscmeot des Jésuites, situé rue des Postes. Pour cet essai de réorganisation de l'enseignement primaire, Vaillant fut aidé par une Sous-Commission qu'il avait composée de spécialistes dévoués el libérés de tout préjugé bourgeois en matière d'éducation, Elie Reclus, Rama el la citoyenne Champseix (André Léo). Dans le domaine de l'onseignement supérieur, Veillant faisait appel, dans la plus large mesure possible, aux initiatives corporatives, s'adressant par exemple pour la réouve,'lure de la Faculté de Médecine, abandonnée par les professeurs officiels, aux docteurs el officiers de santé, aux professeurs libres,
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