32 lIISTOll1f:: SOC!.\ LISTE la Prusse d'une attaque de flanc, lente de prolonger l'antique désordre de l'Allemagne ou d'arracher /t la Prusse par le chantage des lambeaux du territoire allemand. Notre ambassadeur i:t Berlin, )1. Benedetti, eut ordre de se rrndrc au camp pru~sirn pour avertir ln Pru~sc que la France, en retour de sa nrulralité, cxig(•rail la riH· gauchC' du Hhin jusquC's y compris la forteresse de )1 aycnrc. Dans les prcmier$jo11rs d'ao\\l. )1. B,•n,•c\elti so11mil à )1. de Bismarck, à Brrlin, un projet d<' trailé ru<<' ~r11s. C'élail une démarche comminatoire ou du moins il ~tail impossible qu·,·lle 11·,·ùl pas ce caractère aux yeux de ~I. de Bisnrnrck. ~I. de Bî~morck a rneon!Clrs raits au Parlrinrnt nllrmand cl il a forcé les traits scion sa rnanii•re ~ro,sis•antc el brutale. « .\près le (j août 18GG, je vis cnlrrr l'nmba!-Sadrurdr France dr1ns mon cabinrl lcnanl _un ultimatum à la main nous ~omrnanl ou c.lf• ('l~,IPr:\laycncr ou de nous attendre à une déclaration -dl" gurrre immédiate. Jr n"IH":--il:lipas 3 r6pondre: «t Bit!n1 alors nous aurons la guerre. » Cc ful t&légraphié à Paris. Là on raisonna, el l'on prélendit ensuite que les instructions rrt;uC"spar l'amba~sa<lrur de France avnicnl été arrachées à l'cmpe,·eur '\'apoli·on pendant une maladie. » ~I. llcncdctti conteste cc récit. li n'y a pas eu mrnaccs, il n'y a pas t~uullirnalum, el il en donne comme preuve le texte mèmc de la lettre adressée par lui au minislre prussien: «)Joncher président, en réponse aux comm,inic□ tions que j'ai transmises à Paris, je reçois de \ïchy le projcl de convention secrèlc que vous trouverez ci-joinl en copie. Je m'empresse de vous en donner connaissance, afin que vous puissie: /1examiner à Loire loisir. Je suis, <lu reste, à voire <lisposilion pour en conférer avec vous quand vous jugerez le morncnl venu. ,> ~Jais en r6alité, qu'importe au fond que )1. 13enedclli ail bien voulu laisser à M. de Bismarck quelques jours d'examen'/ L'cssenliel, c·csl que ~l. llcncdclti savait, el par lui le gouvernement Je l'Empire, qu'il,élait impossible d'obtenir celle cession de la Prusse sans lui faire violence. A la veille m~me de la guerre, dans les premiers jours de juin, !'Ambassadeur fran~ais avail e11trctenu M. de Bismarck des demandes de compcnsalion éventuelles de la France, el à ce moment mème où M. de Bismarck avait un si grand intérèt à s'assurer par les plus larges concessions la neutralité de la Fra11ce, il avait signifié qu'il ne céderait jama.is un pouce de tene allèmanJc, au moins sur les bords du Rhin. C'est ce que M. Llenedetti lui-même écrit à son ministre le 4 juin, après un entrelien avec ~I. de Bismarck. ,, J'ai relevé de ce qu'il m'a dit, que le Hoi se refuse toujours à admetlre qu'il pour1·ait ,1Lreconduit à céder une porlion du territoire actuel de la Prusse. Suivanl Sa )lajcslé, au dire. du moins de M. de llismarck, la compensation qu'il pouvait y avoir lieu d'offrir à la France devrait être prise parloul où l'on parle franç•is à la frontière. Le président du Conseil aurait lui-même foil remarquer à son souverain que, pour disposer de ces territoires, il faudraild'abord les conquérir. li a échappé cependant au Président du Conseil de dire que • si la J•i·ance revendiquai/ Cologne, Bonn el mime
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