J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

;l88 HISTOIRE SOCIALISTE veillance effective, de connallre vraimenl des fails el des questions el notammenl de la question qui complait seule alors, celle des opérations militaires, pour pouvoir juger praliquement, délibérer à bon escient el proposer en conséquence à la Commune. Comme si ce n'était pas assez des compélilions persistantes du Comité cenlrnl et du trouble qu'elles entretenaient dans les arrondissement& el au ministère de la Guerre l)lême, comme si ce n'était pas assez des entreprises des délégués à la Préfcclure de Police el à la Guerre pour se faire indépendants el, irresponsables dans leur domaine, la Commune a donc trouvé l'infaillible moyen pour affaiblit el ruiner toute influence du pouvoir central. Le système qu'elle inaugure, en divisant et fragmentant les responsabilités avec les allribulions et les cfforls avec les spécialités, rend impossible jusqu:à l'élaboration d'un plan général el plus impossible toute application suivie de ce plan, si d'aventure il s·en dessinait un quand même. li consacre le triomphe de la méthode fédéralisle, par conséquent de la pleine el enli<'re anarchie. Qu'im- .,•.rortenl dans ces conditions les titulaires de ces nouveaux postes, les membres de celle Commission fantôme el infirme: Cluseret, à la Guerre; Jourde aux Finances; \ïard, aux Subsistances; Paschal Grousset,. aux Relations Extérieures; Fra0 nkel, au Travail el à ]'!~change; Prolo!, à la Justice; Andrieu, aux Services Publics; Vaillant, à l'Enseignement, el Raoul Rigaull, à la Sùreté générale• Eu sent-ils toqles les aptitudes el tous les dévouements, qu'ils sont condamnés quand même à l'inaction el à l'impuissance. La cohésion qui subsistait dans l'eflorl populaire el révolutionnaire va se réduire encore el cela à l'instant où l'ennemi se faisanl plus pressant, plus audacieux, arme de batteries formidables le Mont-Valérien, Monlretout el Brimborion et commence le bombardement en n'gle de la capitale. Si Paris tient debout, ce sera par sa force propre, par la résistance qu'opposent malgré loul, rien que par leur masse, deux millions d'hommes retranchés derriè.-e des murailles de pierre, el aussi parce que Versailles ne se sent pas prèl pour l'assaut final el qu'à l'intérieur de la ville la bourgoisie làche n'osera pas risquer la renconlre, défier la Révolution mème moribonde, l)lêmc agonisante. Laissons donc l'Assemblée communale, laissons le spectacle d'incurie, di· désordre, de débilité qu'elle nous ollre et allons à ce qui console el réconforte un peu en ces jours sombres, deux choses : l'admirable résistance de l'élite ouvrière aux avant-postes; les capacités que celle mCme élite ouvrière révèle dans l'administration d'une cité de deux millions d'habitants qui ltii a été laissée en charge, abandonnée.

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