J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

lIJSTOlflE SOCIALISTE Beslay, mandé le '.'!l par la Commission exécutive pour lui rendre compte de sa délégation, lui lcnail, en substance, cc Jangagc caraclérisliquo: c< Il faut respeder la Banque a,·cc louf ses privilèges el Ioules scsallributions; il faut la mainlenir dcl>oul, vi1·anlc avec son crédit intact el ses billets an pair. A cela, la Fra.neccsl inll•resséc: donc Ycr~aillcs, mais Paris aulanl, <lavantagl"c-ncorc el, avec Paris, la Commune. Si nous procédons à l'enrnhissemenl de la Banque, si nous la foisons occuper militairement par la garde nationale, nous pourron5 mellre la main sur !"encaisse métallique. Combien·• 50 millions; il n'y a pas plus pour l'instant, l'encaisse véritable el normal ayant été lransporlé, a,·anl lïnveslissemenl, dans une succursale déparlemenlale. Ces 50 millions absorbés. il ne restera à la ï.ommune cl i1 la population pprisienne qu'nn billet ,lt\préeié, sans valeur, simple chiffon de J>apier avec 1,·quel il sera impossible de trouver che1 le boulanger un pain de quatre livres. Cne crise terrible en résullera qui tournera contre Paris le monde entier el. contre le gou,·ernemcnl de la ,Commune, toute la population pa1·isienne; les transactions devem,esnulles, le con,- merce tué, l'llôlel de \ïlle mis hors d'étal de pourvoir à la subsistance des habilanls. Conclusion : il esl d'inlérèl 1•ilal pour nous de respecter la Banque près de laquelle nous sommes certains de trouver les fonds dont nous arnns besoin en dehors de nos recellcs journalii•res. Toul acte de violence el de spolia lion lournerait con Ire nous en transformant la planche à billets de l'i mprimeric de la Banque en planche à assignais (I)». Ccllc·argun.enlalion était-elle irréfutable·? Elle élail spécieuse en tout cas, si spécieuse que la Commission exécutive impuissante à conln)ler les dires du Mlègué, qu'elle lenail à bon droit du resle pour le plus honn~te homme el le !'lus consciencieux qui fût, y avait souscrit sans •dirficullé, sans opposition aucune. La diplomalie concilialrice de Jourde, de Bcslay, de Yarlin lu·; agréait en somme, puisque, d'une pari, elle procurait de fa~on sûre à la Commune l'argent du combat - ce qui élail l'essentiel - ensuite parce qu'elle reslreignail au minimum la pc,-turbalion dans Paris el favorisait d'aulanl l'union des dirnrses classes de la population conlrc l'ennemi versaillais. L'abdication momentanée, cl en quelque sorte forcée de la Commission en ces matières si délicates el si graves s'expliquait donc; mais celle abdication va devenir celle de la Com,mrne ellc-m,·me qui, pour son compte, anra moins d'excuses, puisqu'elle aura non plus des heures mais des jours devant elle avec la possibilité de s'informer, d'enquèler, d'envisager le problème sous ses faces mulliplcs el complexes. Or, elle ne fera rien; elle ne tentera rien. Pas une fois, elle n'essaiera de pénétrer dans le domaine oil Jourde, où Beslav, où ,·arlin besognent de leur mieux, mais peul-être à faux. Jamais elle ne tentera d'orienter dans un sens difTérenl la politique financière du gouvernement révolutionnaire, d'examiner les coups qui, sur ce terrain, pouvaient Nre

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