J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE avec le concours du Conseil municipal el de tous les groupes républicains, une Commission déparlemenlale pro,•isoirn a élé instituée pour administrer la ville cl le déparle ment. .... Nous veillons nuil el jour sur la l\épublique, jusqu'à ce qu'une autorité nouvelle, émanant d'un gouvernement ri'gulier sii.\g('ant à Paris, vienne nous relever do nos fooclions. - \ïve Paris! Vive la Répul>lique ! » Les gens de l'ordre, les réacteurs, les bénéficiaires du régime capitaliste ne s'étaient cependant pas plus ralliés à ~brseille qu'à ~aris, el ils combinaient déjà les moyens en vue d'un rclou,· offensif cl d'une revanche. Comme à Paris, ils s'étaient terrés d'abord. Comme à Paris, la force armée, les grands chefs se s~nlaol débordés avaient évacué. Le général Espiveol de la Villeboisnel ralliaol ce qu'il pouvail de ll'Oupes, s'était retiré à Aubagne el comme à Paris, encore, les fonctionnaires obéissant à la consigne, s'étaient cmprrssés de rejoindre dans cc pelil Versailles, les traineurs de sabre, faisant le vide autour de la Commission dépa,·Lementale, afin de la mellre dans l'impossibilité d'administrer. Toujours, comme à Paris, les bourgMiS radicaux imprudemment rnontés, en une minute <l'eolrain<-menl, sur la galère ré,•olulionnaire ne Lardaient pas à la fuir. Le substitut 13ouchel sautait par-dessus les bastingages pour se sauver à la nage. Tous, les uns après les autres, l'imitaient el tiraient leur co,ipe vers Aubagne. Les conseillers municipaux revenaient sur leur adhésion, g-uellaienl l'échappatoire. Au milieu de ces difr.cullés grandissantes, un homme seul ou à peu près, se déballait, lullail, s'elîorçanl de maintenir solidaires les éléments dont la cohésion, au début, avail fait le succi•s. Gaston Crémieux, esprit lucide el cœur chaud, Crémieux, en mème temps qu'il lrarnillail à sauvegarder la situation à Marseille, cherchait, comme Digeon l'a,ail fait à ;\'arbonne, à s'étendre, à rayonner alentour. Mais la confusion el l'anarchie devenaient telles qu;il ne pouvail bientôt plus les dominer. Ainsi qu'il en advint,~ ses émules parisiens, il se heurtait à l'universelle désorganisation des services, à l'inertie voulue de la bourgeoisie, à l'ignorance el à l'incapacité ouvrières. De guerre lasse, il :illail quiller la partie peut-ètre, quand arl'ivèrenl- c'était le 2ï - les délégués du Comité central, Amournux, Landeck el )lay, clOmanl la victoire du peuple clans la capitale. Celle venue, ces nou, elles optimistes réveillent un instant l'ardeur méridiooàle. Landeck prend la tète du mouvement, pr<)conise les mesures extrêmes, el devant l'opposition de Crémieux, le décrNe de modérantisme el veut l'arrêter. Crémieux se réfugie chez des amis, mais revient la nuit même à la préfecture. C'est lui, apr(•~ loul, qui a provoqué la levée populaire; la réaction doit ie trouver à son poste à l'heure des .rcspousabililés, qu'il pressent prochaine. Le '.!8, Espiv~nl, au mépris des lois, déclare le département en étal de siège. Landeck, au lieu d'organiser la défense, répond par l'arre~talioo d'un certain noml,re de notables de la ville. ;\'ouvelle collision avec Crémieux. Landeck passe outre. Poursuivanl son cabotinage, il déclare Espivcnl hors la loi, le

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