340 HISTOIRE SOCIALISTE le moteur aussi bien que l'agent, n'apprendra que plus tard à fondre el à forger les armes perfeclionnées p<>urson combat. Le voilà, nous semble-t-il, l'obstacle vrai auquel buta la Commune, celui qu'elle ne lournera pas, qu'elle ne surmontera pas. Au début de cet historique, nous avancions, si on s'en souvient, que la Commune avait surgi six mois trop tard, quand l'heure propice avait fui. On voit mieux maintenant le pourquoi de celle arfirmation. C'esl parce que six mois auparavant, vers septembre ou octobre 70, la Commune n'eul pas rencontré les difficullés sous lesquelles elle sucCOll)baen mar~ 71, ces difficullés que nous avons lenlé d'analyser el de souligner dans les pages précédentes. Au jour de l'inveslissemenl de Paris par les Prussiens, les conjonctures sans cloute élaicnl plus tragiques pour un gouvernement quelconque; elles élaienl moins critiques. Maitresse de !'Hôtel de Ville, la Commune R6volulionnaire se ful alors imposée. l'ion seulement elle eul eu pour elle l'unité de pensée el d'action qui manqua à la Commune élue, mais elle aurail disposé de tous les moyens ordinaires el extraordinaires pour se faire entendre, suivre, servir. Elle se fut assise, pouvoi,· aussi incontestable el aussi inconleslé que celui des hommes du 4 Septembre. Elle cul mis la main, une main hardie, sur un mécanisme administratif inlacl, donl aucun rouage n'aurait pu èlre évidé el faussé. Le capitaine gouvernant sous la lempèle, à mille lieues des côles, entre le ciel lonnanl cl la mer démontée, esl ;, maitre après Dieu " sur le pont du navire. Paris était l'esquif battu par la vague germani9ue, n'apercevant, sous la pluie des obus el des bombes, que le Ool toujours grossi qui déferlait de l'Esl cl du Nord el déjà recouvrait autour de lui, à cenl el deux cenls kilomètres, Loule la terre de France. Contre le capilaine du navire-Paris, qu'il s'appelUl Commune ou de loul autre nom, qui donc, dans la tourmente, parmi l'équipage eul élé assez osé pour se rebeller'? Quel eul élé le recours du misérable ou de l'audacieux, sa planche de salut, son camp de refuge, le Versailles où aller se faire payer le prix de son abandon el de sa lraîlrise? Nul assurément ne se ful dérobé à la manœuvre commandée, pas plus chez le civil que le militaire. Du commis au directeur, de l'adjudal)l au général, chacun se ful incliné, cul gardé son poste, son rang. El si la Commune avait su animer l'équipage du vaisseau, je veux dire les comballanls de la capitale assiégée, d'une ardeur de résistance à outrance, si elle avail su imprimer à la défense une impulsion puissante qui la lournâlen offensive vengeresse, elle domina il toul, les événements cl les hommes. Elle élail le gouvernement du peuple armé, debout contre le capitalisme prussien agresseur pour la sain le croisade de l'indépendance nationale, sous l'égide de la République. Hien ne l'empôchail alors de tailler dans le vif, à pleins ciseaux, d'aiguiller comme il lui aurail plu, autant qu'il lui aurail plu dans la voie des lransformalions sociales profondes el irrévocables, el de l'établissement d'un régime de démocratie égalitaire. La Commune, c'est-à-dire le parti de la Hévolulion, tenait en son jeu, comme il l'avait tenu en 93, l'atout
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