J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

IIISTOIRE SOCIALISTE ,·onl, en celle période décisive des débuts, contribuer largemenl à parnlyscr l'ardeur combative d'une assemblée qui n'aurait dù avoir d'autre objectif que la lullc, d'autre élude que celle des moyens d'intensifier cl de prolonger celle lulle. Le moment esl donc opportun pour les marquer, les souligner en faisant appel au témoignage même des intéressés el en éclairant par ce témoignage les données qui déjà résultent des procès-verbaux qu'on vient de lire. Les membres de la minorilé, parliculièrcmcnl, se sont expliqués sur cc thème, tandis que se laisaienl plulôl les membres de la majorité. \"c pouvanl tout citer cependant, nous nous en tiendrons aux impressions d'Arthur .\rnould, qui, plus que Lefrançais, Malon ou Beslay, bien qu'appartenant à la mème nuance d'opinion, a réellemenl fait eflorl sincère pour analyser avec clarté cl méthode les raisons qui, d/>sl'origine, groupèrent à l'écart l'un de l'autre, sinon l'un contre l'autre, le clan qui devait devenir la majorité el le clan qui devait s'appeler la minorité: les Révolutionnaires-Jacobins el les Socialisles-FMéralisles. « Les mols, dil Arthur Arnould (1), étaient compris de deux façons différentes par les divers membres de l'Assemblée. Pour les uns, la Commune de Paris exprimait, personnifiait la première application du principe anli-gouvernemenlal, la guerre aux vieilles conceptions de 1'Elal unitaire, centralisateur, despotique. La Commune, pour ceux-là, représentait le triomphe du principe de l'autonomie, des groupements librement fédérés eldu gouvernement le plus direct possible du peuple par le peuple. A leurs yeux, la Commune était la première étape d'une vaste fü"·olulio,;, sociale autant que politique qui devait faire table rase des anciens errements. C'était la négation absolue de l'idée de dictature: c'était l'avènement du Peuple lui-nu'me au pouvoir el, par conséquent, l'anéantissement de loul pouvoir en c!Phors d au-dessus du Peuple. Les hommes qui sentaient, qui pensaient, qui voulaient ainsi, formèrent cc qu'on appela plus lard le groupe socialiste ou minorité. « Pour d'autres, la Commune de Paris était au contraire la continuation de l'ancienne Commune de Paris, de 1ïn3. Elle represenlait à leurs yeux la dictature au nom du Peuple, une concentration énorme du pouvoir entre quelques mains el la destruction des anciennes institutions par la substitution d"abord d'hommes nouveaux à la lèle de ces institutions transformées momenlanémcnl en armes de guP,rre au service du Peuple contre les ennemis du Peuple. « Parmi les hommes de ce groupement auloritaire, l'idée d'unité cl de centralisme n'avait pas complètement disparu. S'ils acceptaient, s'ils inscrivaient sur leur drapeau le principe de l'autonomie communale el de la libre fédéralton des groupes, c'esl que cc principe leur était imposé par la ,·olonlé de Paris ... D'ailleurs, dominés· par des habitudes d'esprit contractées pendant une longue existence de luttes, de revendications, dès qu'on arrivait à l'acte, 11) Arthur ,b:rtot.·Lt>. - 1/idoiff fJ')pulairt el parlt'menlairt de la Commum: d,- Paris.

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