J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

:JO(\ HISTOIRE SOCIALISTE conscicncicuscmenl, d'aulrcs sans le YOuloil', ont sauvé \'èrsailles; ils sont complices dans l'assassinat do Paris. )lais n'anticipons pas su,· les faits. Xous ne sommes pas encore ù la tombée du jour sinistre cl sanglante; nous sommes au matin joyeux do la délivrance. (:'est dcnrnin que Paris nomme sa Commune. L.\ CQM\ff~E Ù.n::. De l'aveu de toule la presse, même la réactionnaire, les opérations électorales s'accomplirent avec la plus parfaite régularité, sans violences ni troublesd'aucune sorte. Au faubourg Saint-Antoine, les travailleurs se rendirent aux urnes par groupes de cinq à six cenls, drapeau rouge en tête, cl aux Cl'is de : " \ï,·e la l\épublique ! \ïve la Commune: » Cc fut la seule manifestation notable de la journée. Dans la plupart des sections, les dispositions préparatoires au scrutin avaient été prises par des délégués du Comité central, les mail'cs continuant à bouder el persistant dans une obstruction hypocrite el sournoise, là surtout 0(1 ils n'escomptaient pas une majorité pour leurs candidats. Les votants, à tout prendre, furent nombreux, très nombreux; aussi nombreux qu'ils l'avaient été aux élections des maires, le 5 novembre lSï0; plus nombreux qu'aux élections des adjoints qui sui,•irenl de quelques jours celles des maires. Sur un chiffre total de -185.569 inscrits, il y cul 2'29.16ï volants. l'ourlant la réaction mu ligna de suite, cl elle n'a pas cessé depuis de souligner complaisamment le chiffre des abstentionnistes, '.l58.803. A première vue, en effet, ce chiffre apparait élevé. Mais il faut noter que les listes électorales dont on usa dataient du plébiscite de mai J8ï0, cl que d'innombrables modifications s'étaient produites depuis une année - et quelle année! - clans la composition du corps électoral. D'autre parl, il esl avéré que, sitôt après la capitulation, dt•s les communications rétablies avec la province, des Parisiens, ·cIJ masse, avaient quitté leur ville el n'y étaient pas revenus : 60.000, disent les uns; 80.000, disent les autres. Thiers, dal)S sa déposition à la Commission <l'enquèle, porte même le chiffre à 100.000. Ainsi s'explique malhémnliquemenl l'écart <·ntre le chiffre des volants au 8 février : ~28.9ï0, et celui des volants au '.l6mars: 229.16ï. D'autre part, les abstentions se produisirent surlout dans les quartiers bourgeois, les quartiers du centre, où l'exode que nous venons de signaler se doublait d'un second exode, celui des francs-fileurs réactionnaires et lhiéristes qui, depuis huit jours, gagnaient sans discontinuer Versailles. La vérité est donc bien que l'on vola beaucoup, principalement dans les arrondissements ou'\,riers. Presque partout deux listes se trouvèrent en présence : la liste des maires cl la liste des Conseils de légion el des Comités d'arrondissement. Le Comité central s'abslint religieusement de toute pression, de toute maoœuvre. li

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