J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

2ü4 IIISTOIHE: SOCl,\f,ISTE: Ioule sécurité des fen<llrcsdes b,1timents de l'Assis(ance publique. La décharge étcn<l raide mort le courageux Sapia el une trentaine de gardes. Ceux-ci attendent l"arlillerie, mais l'artillerie ne vint pas. Le commandant du parc, Trcilhard fils, a é,•enlé les inlclligences nouées par Leverdays dans la place el substitué aux officiers el canonniers circonvenus des hommes sOrs. Le,•erdays croyait prendre; il est pris. Toute lulle est de,·enuc en conséquence impossible. Les manifestants se replient en désordre vers la rue du Temple. Les gardes nationaux du XX•, embusqués avenue \ïcloria, protègent la retraite, en empêchant par leur feu les mobiles de sortir de l"llotel de \ïlle. Ainsi le dernier effort tenté par la Corderie échouait. Libre champ était laissé aux capitulards. Le ?.i à minuit, le canon ie lut aux remparls. Favre avec Bismarck avaient arrêté les termes d'un armistice de 15 jours qui spécifiait l'occupation des forts par les Allemands et le désarn1cment des troupes soldats el mobiles, moins une division. Le?.9, au malin, le drapeau de l"él.-nnge; flottait sur tous l.es ouvrages de la défense, hors des murs. Les armes étaient pourtant laissées à la garde nationale. Ni Favre, ni llismal'ck ne s'étaient sentis d'humeur cl de taille à les lui enlever. L·ne des clauses de l'armistice prévoyait en outre la réunion immédiate d'une assemblée, nommée par le pays, pour statuer sur la question unique de la paix ou de la guerre. JI n'y eut jamais d'élections plus libres a déclaré depuis la réaction. A qui fera-t-on accroire semblable imposture que !"on pùl accepter pour libres des élections accomplies sous l'œil el la pression du vainqueur, occupant à ce moment loul ou partie de quarante-trois départements et tenant la capitale, sous ses canons? Les élections eurent lieu le 8 février. La province presq11eentière répondit: cc Paix à tout prix! » Paris, au contraire, clamait : ,< Guerre à outrance! )) Et, sur 43 mandataires, à 5 ou 6 exceptions pri:>s,dont 2, il est vrai, lamenlables : Jules Favre cl Thiers (1), ne choisissait que des hommes ayant mandat <lese prononcer pour la continuation de la guerr~; en tout cas, de ne pas a<lmettre que la paix pùl être obtenue au prix de l'intégrité du territoire. Ces élections - le temps le voulait ainsi - avaient été, du reste, plus politiques el patriotiques que sociales. Paris, mù par un sentiment de fierté un peu puéril, a,·ail d'abord songé à élire ceux qu'il appelait alors les gloirts: Louis Blanc, qui arriva en lèle avec 216.530 voix; Victor Hugo, Edgar Quinet, Henri Martin. Ces hommes avaient été portés sur la liste dénommée des Quatre Comités, dont Blanqui, malgré les efforts de Vaillant, qui se refusa alors lui-même à y être inscrit, avait été écarté par une injure suprême. (1) Par un mir11.clercnom·eh'·de,;;lwiaux temps de l'Empire, M. Thiers qui, la ,·cille de la procl,i.. m&Lion orfi<'Î(•llc, ne groupait pour tout potage que 61.000 ,·ois C'ln'ltait pas élu, vit le lendemain ce chiffre atkindre i, 103.000.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==