262 IIISTOIRE SOCL\LISTE début, qui etll unifié les conditions de vie de tous les comballanls el créé dans l'enceinte de~ fortifications une Hépublique sociale, mais le ralionnemensubordonné à la dure loi économique de l'offre el de la demande, le rationnement pour le pauvre, pou~ le sans-le-sou, comme l'avait prédit, lors de l'Af(iche rouge, un charitable économiste bourgeois, M. de Molinari (1). Au milieu de lanl de calamités, d,· lanl de détresses, l'ouvrier, de\'enu du resle garde national, ne lrouvail nalurellemenl plus la vcnle de ses bras. L'employé pas da,·anlagc. Guère plus enviable le sorl du pelil boutiquier auquel sa clientèle habituelle faisait soudain défaut. Plus de travail, plus de salaire el la misère noire s·asseyail inexorable à chaque foyer prolétaire ou pelil bourgeois devant J':Hre éleinl cl le buffet vide. li fallait que l'homme vécut avec ses 30 sous de paie de garde national, ses -l:i sous s'il avail femme el enfants : allocation que la munir.cencc de la Défense a consenti finalement à accorder, el encore s'est-elle fait tirer l'oreille. Cependant, Paris ouvrier ne se plaint pas, Paris ne boude pas. Il reste ferme, stoïque, presque joyeux sous la neige qui tombe el l'enveloppe corn me un linceul, sous les bombes el les obus qui pleuvent sm· ses loils, éventrent ses murai11es. fi croil en sa cause invincible; il croit en ses remparts imprenables. li mourra, mais il ne se rendra pas. II continue ses gardes cl ses factions interminables, inutiles. li prend sur ses 300 grammes de pain, sur ses 30 grammes de viande pour couler des canons qu'il veut à lui, payés de ses deniers. li espère malgré louies les puissances naturelles el humaines liguées contre son effort, contre son endurance,. malgré la trahison évidente de ses chefs, de ses gouvernants. II r~ste pour la guerre à outrance, pour la sortie en masse, pour« la supr~rnc bataille du désespoir». Telle était la situation générale quand le gouvernement Trochu-Jules Favre se décida à jouer le dernier acle de sa comédie de défense, si sa"ammcn t menée depuis le 4 Septembre. Il fallait contenter une dernière fois ces gens-là, ces (( lrenlc sous », ces " à outrance », Jeur démontrer, par uoe expérience péremptoire, que Ioule prolongation de la résistance était folie. Trochu fit doue mine, le 1() janvier, de les mener sur Versailles, par Monlrelout el Buzenml où, après les avoir fait mitrailler cl décimer en conscience, (2) il donna comme de coutume le signal de la relrail~, abandonnant les positions conquises. C'était la fin. La capitulation s'annonçait imminente. Le gouvernement ne se donnait m<lmeplus la peine de dissimuler. Il réunissait les maires pour leur faire part de l'échéance fatale cl, comme les maires regimbaient, Trochu leur con la que c'était bien beau, trop beau déjà que d'avoir tenu cinq mois. Pour sa part, ajoutait-il, « dès le 4 Septembre au soir, il avait déclaré que ce serait (1111Le r:itionncment dt'mondl~par res nll"!,,;icur-. (le., \i~natai_rf-,;de l'A/jidl' rouge) ~ fer11 nahtrell('ment par l't:l~q11tîon du prix des den~-c'i à me~ure qtt'clles de-,·iendront plus rart, ,;ur k m111rcltl-. • (G. de '1olin:tri. Journt,I des JJebat,.) (~I Sou, 111101d1o-n, C' faiN' é<:rabouiller un peu la .:rarde nationale, pui,qu'elle en ,·eut. - Oé1)0,,,> si Lion du t·olo,wl Ghaper, <'oloncl d'infanterie. Em1u~lc sur le l Septcmb rc.
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