260 IIISTOIR.E: SOCIALISTE Corderie. Celle proclamation, que Vaillant avait rédigée, fut portée par un messager fidèle à l'O((icitl. Si elle e0t paru, c'élail le succès 'du mouvement; mais elle ne parut pas : la • Défense nationale• restait maitresse de l'O((icitl comme cle la situation. li s'était passé ceci, en clTet, que les bataillons révolutionnaires ayant, dans la gcconde moitié de la nuit, regagné leurs quartiers, les bataillons des quartiers du centre el les mobiles bretons, gardes du corps de Trochu, avaient reconquis la place el obligé Blanqui rl ses amis à la retraite. l'ne transaction était intervenue, aux termes de laquelle: 1° Nulle poursuite ne serait exercée contre qui quo cc fùt, à raison des événements qui venaient de se produire; 2<> Convocation serait faite à bref délai en vue d'élections municipales. En allendant, les gens de la" Défense» continueraient à occuper !'Hôtel de Ville. En somme, la partie était perdue une fois encore. Trochu el Favre, Thiers derrière eux, qui s'en était allé retrouver Bismarck, demeuraient les maitres. On y gagna seulemenl une prolongation de la résistanc~. Au surplus, le gouvernement viola outrageusement ses engagements. Cne c1uaranlaine de mandats d'aiiiener furenl lancés contre les principaux manifestants du 31, Joni beaucoup ainsi ne devaient recouvrer la liberté qu'après la capitulation. D'autre parl, au lieu de procéder aux électi~ns promises, les dirigeants républicains, chaussant les souliers de l'Homme de Décembre, résolurent de se faire plébisciter. Le plébiscite eut lieu le 3 novembre. Il donna 321.000 oui pour le maintien de la Défense, contre 54.000 no11. Ces 54.000 protestataires, groupés surtout dans les faubourgs, représentaient ce qu'il y avait de plus sain el de plus militant dans la classe ouvrière; mais ils avaient été impuissants à secouer la veulerie de la masse. Paris, malgré leur énergie, abdiquait; il allait rouler jusqu'au fond de l'abime. Près de trois mois séparent la tentative avortée du 31 octobre de la tentative également avortée de 22 janvier. Mois de deuil el d'épouvante I Mois de soulTrances, de privations el d'angoisses! L'hiver est venu, un des hivers les plus rigoureux du siècle; el celle population, ces deux millions d'êtres humains enfermés dans l'enceinte, coupés de Loule communication avec le monde extérieur, manquent de tout, de l'essentiel: de vivres el de combustible, de pain el de charbon. La faim el le froid à la fois les nssaillenl cl les tenaillent. Pendant c1ue les hommes, sous le képi du garde national, allendcnl aux remparts un ennemi qui no viendra pas el usent leur santé el leur énergie eo d'interminables factions, au lieu de courir sus dans la plaine à l'adversaire, comme le voudrait leur courage, les femmes, les enfants, les vieillards, dès. cinq heures du malin, stationnent dans la neige, la boue glacée, aux portes des. boulangeries pour obtenir quelques grammes d'un pain immangeable. Mêmesstations répétées ensuite aux portes des boucheries, des épiceries. C'est Je rationnement, le rationnement non pas lei que le Corderie l'avait réclamé au,
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