J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

2.;1 HISTOIRE SOCIALISTE La vraie réponse vint le lendemain. Le gouvernement, au lieu de convoquer les électeurs, nommait lui-mèmc, après le maire central de Paris, les maires cl adjoints des vingt arrondissements, tous naturellement choisis parmi ses affiliés les plus complaisants el très nellement hostiles aux travailleurs. L'un d'eux, par exemple, M. llichard, maire du XIX•, ne se g~nail pas pour déclarer • qu·on n'en avait pas assez lué en juin 48 ». l)éfi é1•idcnlel cynique. La Corderie le releva. Les organisations ouvrières qui, dès ce moment y avaient leur centre el qui devaient au reste, en lanl que telles, se confondre bienlôl dans des formations nouvelles el plus en rapport avec les obligations du moment, se virent immédiatement rejointes par une foule de citoyens el une association plus souple el plus forte y surgit spontanément. Celle association, appelée à un rôle de premier plan, se constitua sous le nom de Comité central républicain des vingt arrondissements. Ce Comité contrai n'était que l'émanation, ainsi que son litre l'indiquait, des Comités d'arrondissement, créés à raison de un par arrondissement, l'organe de rapporl cl de coordination de ces groupements dénommés euxmêmes : Comités républicains de vigilance. Ces Cowilés de vigilance, pour leur compte, liraient dircclcmcnl leur origine du suffrage populaire exprimé en réunion publique par les habitants de chaque arrondissement. lis avaient pour mi~ion dé recueillir lnules les propositions el aussi Ioules les réclamations des citoyens concernant l'administration el la défense. Ils s'allribuaienl au surplus le conlrùle el la surveillan.ce de Lousles magistrats el fonctionnaires locaux, maires, adjoints, etc., désignés, comme on le sait, par le pouvoir, el qui n'avaient quo trop tendance à ne pas conformer leurs décisions el actes aux ,·œux el besoins de leurs administrés. Chacun de ces Comités choisissait quatre de ses membres, quatre délégués qui, réunis aux délégués des dix-neuf autres arrondissements, soit, au lolal, qualre-vingls citoyens, formaient la représentation de l'ensemble, autrement dit le Comité cenlral. A peine constitué, le Comité central s'affirmait cl prenait contact avec la capitale assiégée en affichant une déclaration adoptée dans ses séances du 13 el du 14 septembre et où il détail1ail les mesures acclamées, su,· son initiative, dans les réunions publiques de quarlier, déjà soumises au gouvernement pour Hre traduites en décrets, mesures « ayant poui'bul de pourvoir au salut de la patrie ainsi qu'à la fondation définitive d'un régime vérilablemenl républicain par le concours permanent de l'initiative individuelle el de la solidarité populaire. » Ces mesures étaient de plusieurs cspi'ces: mesures de sécurité publique, mesures visant les subsistances el les logements, mesures en vue de la défense de Paris, mesures en vue de la défense des départements. Sur les premières, nous n'insisterons pas, puisqu'elles ne fai~aieDl guère que répéter les propositions présentées, le soir mPme du 4 Septembre, aa

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