2?2 HISTOII\E SOCI \LISTE un ai.. k dc-camp, qur Sa \lnjrsli• 3vnil re~u ùu princ<'confirmalion cl~ la non~ \'Clic ,li·jà mandé-e de Paris, <•l,,u·cllr n'avait plus rien à dire à l'amhassa<k·u,·; Sa ~lajesli· laisse à votre Excellence le soin de décider si la nouvelle e,igcnce de llcncdclli cl le rcrus qui lui a élé opposé doivent èlrc communiqués aux ambassad<'urscl aux journaux. n Au fond. celle dép!lche élail pleine de colère. cl, si elle ne déclarail pas la guerre, elle y poussait. Le Hoi avail ressenti profondément l'oulrngc de la noie remise à M. dr \\°crlhcr; son entourage l'avait ressentie pcul-èlrc plus virnmenl cnco,·e: « Il me revient, lélégrnphiail M. llencdclli Ir 11, quelques heures nvanl de quiller Ems, que, depuis hier, on licnl dans l'entourage du Hoi 1111 langage rcgrcllablc "· Plus lard, dans ses souvenirs, M. de Bismarck a exagéré le carnclère pacifü1ue de celle dép(·che : soit qu'il voulùl, par une sorle de fanfaronnade han laine, assunier sur sa seule lèlc Loule la rcsponsabililé du conllil, soil qu'il céd,\I à la lcnlalion, lui le grand disgr.\cié amer, de diminuer la parl des llohcnzollern dans l'inilialivc formidable qui avait accompli la grandeur allemande. En réalité, ~I. de Bismarck, qui connaissait son mallrc, comprit à demi-mol. S'il osa il, il ne serait pa; désavoué, ou plulôl il répondrait à un Msir secret. L~ lloi, qui avail adopté depuis quelques jours une politique pacifique, ne pouvait s'infliger ii lui-mème un démenti (•clalanl. ilais il élail m~urlri par l'insistance f'ra111:aisc. li souffrait d'avoir joué, aux yeux de son peuple, le rùlc diminué d"un souverain qui esl oblig{• de rcconnailrc une foule cl d'en allénucr les cflcts. Toul dans la dép,'chc est c·àlculé pour effacer celle impression de faiblesse, pour donner une fière altitude au SOU\'crain. C'est d"une façon péremptoire qu'il a rejeté la demande de M. Bencdelli. El s'il rcrusc de le recevoir, cc n'est plus, comme dans le rapporl Hadzi,lill, parce qu'il n·a plus rien à ajoulcr sur celle affaire, c'esl à cause de la pré/en/ion de l'ambassadeur. Xe di rail-on pas déjà une rupture·/ Enfin, le rapport Hadzi" ill rappelait la déclara lion faite par le Hoi le malin, il sa,·oir « qu'il apprournil la renonciation,, cl il se référail à celle déclaration pour la communication <lel'après-midi. Dans la dépêche Abekcn, celle référence disparait. Toul à l'heure, M. de Bismarck, pour communiquer lïncidcnl a.ux ambassaHcurs cl aux journaux, simplifiera encore le lcxlc Abekcn; mais déjà ce lcxlo mèmc•élail une simplification de la réalité, il en acccnluail le <·araclèrc dans le sens de la guerre; cl si cc procédé, qui consiste à simplifier pour hrnlaliser, csl « un faux », le raux d'Ems a commencé dans le cabinel du Hoi, sous la main du Hoi lui-mèml'. Aussi bien, lorsque Abekcn télégraphie à M. "de Bismarck que c'esl sur sa proposiliçn à lui cl celle du minislrc Eulcnbourg, que le Hoi s'élail décidé à reruscr toute con•,ersa_Lionnouvelle, il suggi•ro à M. de Bismarck qu'il peul lcnlcr davanlagc. S'ils l'onl, eux, entrain~ dans le sens national, que no peul risquer le chancelier'! li est invité précisément (sous forme discri-lc) à communiquer les choses « aux ambassadeurs cl aux journaux». Mème si ~l. de Bismarck s'était borné à lransmellre les Lermes de la dépèche Abeken, l'cllel déjà et)l élé grand.
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