J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

196 HISTOIRE SOCIALISTE mellre au roi de Prusse M se dégager, sans trop de dommage pour sa r.erlé, du détestabh· pil'gP oii sn main. en le tendant, Mail restée prise? ou pour le mellre évidemment dans son lori, au, yeux du monde, sïl rerusail enr.n la satisfoclion demandée? C'est dans celle almosph,'rc r.évrcusc que s'ouvre la journée du 11 juillet. C'ftail un lundi. Quara11te-huil heures s'étaient écoulées sans que le Corps l~gislatif SP ftlt rèuni : les esprits surchaunés supposaient que, dans l'inlervalle, une subite décision était intervenue, el on s'allendail, pour la séance de l'aprrs-midi, à une communicutioo sensationnelle. A deux heures el demie. le duc de (:ramonl était à la tribune. • Le gouvernement comprend l'impatience de la Chambre el du pays; il partagr ses préocc11palion8, mais il lui est impossible de porter à sa connaissance un résultat définitif. Il atlPnd la ré~onse dont dépendent ses résolutions. Tous les cabinets auxquels nous nous sommes adressés paraissent admellre la légitimité de nos griefs. J'espère être très prochainement en mesure d'éclairer la Chambre, mais, aujourd'hui, je fais appel il son patriotisme et au sens politique de chacun de ses membres pour les prrer de se cooleoler, pour le moment, de ces informations incomplètes. • Mais quel péril y aurait-il eu à éclairer loul ensemble el à apaiser l'opinion? Pourquoi ne pas dire que le gouvernement ne demandait qu'une chose : le rel rait de la candidature llohenzollern? Et puisqu'il alléguait l'opinion des puissances étrangères, pourquoi ne pas ajouter a,•ec précision qu'elles s'efforçaient Ioules, el l'Espagne aussi, d'obtenir ce retrait, el que la France serait reconnaissante au monde de ces Jémarch,·s pour la paix? Par là le ministre aurait calmé l'opinion en lui proposant un objet raisonnable et limité, el il aurait rendu plus faciles les négociations dlsms, en désintéressant du conflit l'amour-propre du roi de Prusse. Illois c'est ce qu'il ne voulait point. Mais, ici encore, pourquoi Ill. Emile Ollivier n'est-il pas intervenu ? Précisément )1. Arago lui fournissait l'occasion de s'expliquer. De sa voix énorme et qui dominait les tumultes indignés, il s'écriait : « Je demande à M. le ministre des affaires étrangères si les questions adressées à la Prusse n·onl trait qu'à lïncidenl spécial, qu'à l'offre foile par le maréchal Prim à ce prince prussien, qu'à l'acceptation éventuelle de la couronne d'Es(Jagne par le prince Léopold de Ilohenzollero. S'il en esl ainsi, je crois qu·on doit espérer une réponse satisfaisante, une assurance de paix; mais si les questions sonl complexes el de nature à soule,cr d'autres discussions que l'incident Hohenzollern, nous serions malheureusement obligés de les considérer comme offrant d'autres prétextes à une déclaration de guerre. " Comme un homme qui s'avance la nuit dans une r~gion plerne d'cmb0ches, le parti républicain, dans l'obscurité où on lantait le pays, pressentait un péril prochain, mais sans en bien discerner la forme. Le danger n'était pas que le gouvernement soulev!lt une autre question que l'incident Hohenzollern, qu'il

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==