J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

JIISTOIRE SOCIALISTE 11 c'est la force de_l'armée de Metz. Elle seule pourra former la base d'un gouvernement nouveau el conservateur, rassurer le pays, écraser les agitateurs révolutionnaires. Or, l'Allemagne a intérèt à pouvoir n~gocier les condilions de la paix avec un régime stable, solide el responsable. Elle aura donc besoin de l'armée de Metz pour faire en France celle grande besogne de police gouvernementale sans laquelle les Allemands ne peuvent cueillir le fruit de leurs victoires. Si tel n'avait pas été le calcul de 13aza,inc,sil n'avait pas cru pouvoir rendre ce service à l'Allemagne, on ne comprend pas comment il aurait pu espérer un elTel utile des négociations qu'il engageait avec M. de 13ismarck. N'ayant rien à lui olTrir. qu'aurait-il pu en allenJre·? Au reste, sa criminelle pensée éclate dans la note remise par lui au général Boyer quïl envoie, le 12 octobre, à Versailles, au quartier général prussien: « La question militaire est jugée el Sa Majesté le roi de Prusse ne saurailallacher un grand prix au stérile triomphe qu'il obtiendrait en dissolvant la seule force qui puisu aujourd'hui mal/riser l'anarchie dans noire malheureux pays. Elle rélablirail l'ordre el donnerait à la Prusse une garantie des gages qu'elle pourrait ai·oir à réclamer. n M. de Bismarck aml!sail le maréchal par ces négociations. Celui-ci renonçait peu à peu à loul effort militaire. Les provisions s'épuisaient el à la fin d'octobre il ne restait plus à l'armée infortunée qu'~ se laisser tomber dans le triste abime de la capitulation. A Paris, hélas! le général Trochu, conservateur bavard, chrétien sans élan, patriote sans foi, honnête homme sans vertu, paralysait par un doute accablanl l'essor de la défense; il avail le dédain el la peur des foules donl il ne savait poinl, par la force d'une idée el d'une grande passion, faire un peuple. Malgré tout, Paris ne voulait point se résigner à la défaite. Dès Ir lï septembre l'investissement avait commencé. Des clTorts insuffisants et incertains furent tentés pour le rompre, à Châtillon, à \'illejuif, à Bagneux, à la Malmaison, mais aucun vaste mouvement d'ensemble ne fut es;;iayé el le général Trochu prit prétexte des premiers échecs partiels pour amortir l'élan de Paris. Le peuple cependant supportail avec une résignation sloïque, le froid, la faim, les privations de loul ordre. Il espérait toujours qu'une armée de secours venant de la France )lrendrail à revers les lignes prussiennes. Le Gouvernemenlde la Défense nationale était resté à Paris, mais il avait avant l'investissement envoyé à Tours une déléga.lion de trois de ses membres pour organiser la résistance du_pays. Le 9 octobre Gambetta quilla Paris en ballon el il devint à Tours le véritable chef, l'âme agissante el ardente de la défense Nuit el jour il travailla pour recruter, appeler, armer des régiments nouveaux1 pour communiquer au pays la fièvre d'action, de colère el d'espérance dont il était animé. Ces Piloris ne furent pas vains pujsque l'Allemagne, qui un moment apr~s Sedan avait cru la guerre finie et la France abattue, fil encore pendant Fondaztone Alfred Lew1rt' Blblloteca Gino Bianco

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