J. Jaurès - La guerre franco-allemande ; L. Dubreuilh - La Commune

HISTOIRE SOCIALISTE ,·crainelé. Le traité de Prague pré,·oyait la possibilité, pour les ]~tais du Sud, de former enlro eux une Confédération. C'était une coneession à la France et à !"Autriche : car elles pensaient que si les f:1ats du :--udse fédéraient, ils cèderaient moins aisément à l'altraclion de Berlin el pourraient n,aintenir, entre la Prusse cl l'Autriche, une sorte d'équilibre. C'était comme un moyen détourné de prolonger, en la simplifiant, la vieille Confédération germanique.~!. de Bismarck, à vrai dire, anectait de ne point sïnquiéler de celte Fédération du Sud, soit qu'il voulùt ménager les susceplibitilés de ces 1::talsen respectant la liberté de leurs décisions, soit qu'il pens'11, comme il le dit dans une conversation a,·ec )1. de llohenlohe, que milme par celle voie le Sud se rapprocherait de la Confédération du 'ord, soit surtout qu'il comprit que la tentati,-~ ne pouvait pas aboutir. , )1. de llohenlohe, devenu ministre en 13avièrc au commencement de janvier J86i, souhaitait l'accord du Sud el du :\orcJ. Mais il se heurlail à la défiance des autres Etals qui craignaient que la Badère jouùl dans la Fédération du .:-ud un rôle prépondérant el absorbant. Aussi se bornait-il tout d'abord à proposer que les quatre Etals: Bavière, \\'urtemberg, liesse et Bade s'allient par un traité collectif d'alliance à la Confédération du :--'ord et soient réprésenlés dans le Conseil fédéral présidé par la Prusse. li n'était question ni d'a,·oir des députés au Parlement politique commun, ni milme de former un Parlement du Sud. C'était une tentative bien hésitante el incertaine. el celle-ci mème a\'Orla. '1. de llohenlohe aurait ,·oulu que l'Allemagne, ainsi rapprochée de l'unité, ronchll une alliance avec l"Autriche. C'eùl été un baume s111·les blessures de 1866, la réconciliation de Lous les frères allemands, une garantie pour la paix de l'Europe; car qui aurait pu songer du dehors à troubler le travail de l'unité allemande quand Lous les Allemands auraient été alliés, quand l'Autriche serait entrée dans le jeu de l'unité allemande·! ~lais ni M. de llohenlohe ni )1. de Bismarck n'avaient rien à offrir à M. de Beusl, el celui-ci refusa arnc humeur une combinaison qui aurait été pour lui, croyait-il, une duperie. On se bornait, en effet, à lui garantir que les Allemands d'Autriche ne seraient pas sollicités à sortir de l'Empire autrichien, el celle offre lui semble prtsque insultante. Dans le \\'urlemberg, les démocrates les plus bardis avaient d'autres vues. lis rêvaient d"unir le Sud,- mais par le renversement simullané de Ioules les dynasties; la Fédération des Répubiiques allemandes se rallacherait à la Suisse républicaine, el ainsi un bloc <le liberté el de démocratie seraiL formé, avec lequel, et la France, cl la Prusse, ~l l'Autriche seraient obligées de compter. Mais oü était la force de révolution capable de former ee bloc? li n'y aurait eu, semble-1-il, qu'un moyen de fédérer le Sud sans délai : c'eût été que la llavii'•re prll dans le Sud une initiative analogue à celle que la Prusse avait prise dans le :'iord, mais dans un esprit plus démocratique. La Bavi~re aurait sommé les .Etats du Sud de s'unir el d'instituer un Parlement commun dont l'acth·ité

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