IIISTOIHE SOCI.\US'TE: prochainP. » Oui, si la politique française s'était inspirée largement de la pensée de ~l. Emile Ollivier, si la France avait laissé s'accomplir la pleine unité italienne sans mellre son épée au service du pouvoir temporel, si elle avait, sans menace, sans calcul sournois, laissé s'accomplir la pl~ine unité allemande, quel risque aurait-elle couru·? cl quelle atteinte aurait subi sa vraie grandeur·? Ce qui donne à ce discours de ~I. Emile Ollivier une sorte dïmportancc historique, ou ce qui aurait pu du moins la lui donner, c'est qu'il y a,ait chance dès lors pour qu'il devint, dans l'Empire transformé, le chef de la politique. L'empire, à ce moment, hésitait sur ses voies. Affaibli par la désastreuse expédition du ~lexique, par la diminution do prestige qu'il avait subie après Sadowa aux yeux de ceux qui s'éblouissaient jusque là de la Ioule puissance napoléonienne, pressé par une opposition tous les jours plus nombreuse, plus at·dcnte et plus hardie, il se demandait s'il ne devait pas ramener à lui la confiance de la nation en faisant quelques concessions à l'esprit de liberté. lléjà, dans toute la gloire de sa camJJagne d'Italie. il avait, par le décret du 2-l novembre 186û, accordé au Corps législatif, le droit de réponse à !'Empereur par la discussion de l'adresse. Dans les jours lrisles el bas de la fin de 1866, il avait songé à faire un pas de plus, el comme M. Emile Ollivier proclamait à lout instant qu'il ne voulait pas faire à la dynastie une opposition irréconciLiable, qu'il se rallierait à elle le jour où elle donnerait la liberté, !'Empereur l'avait fait appeler secrètement aux Tuileries; après cet entretien, il avait. par une lettre publique du 19 janvier adressée à ses ministres, fait connaitre sa volonté d'accorder des libertés plus larges, notamment le droit d'interpellation el une plus grande liberté de la presse. li -,st vrai qu'il avait confié l'exécution de ces mesures aux partisans el aux avocats de l'Empire autoritaire; el particulièrement à M. Houher. Mais s'il n'avait pas osé offrir encore à ~I. Emile Ollivier un ministère, du moins avait-il écrit à celui-ci qu'il comptait sur son dévouement el qu'il se réservait d'y faire appel quand l'heure serait venue. Celle lettre impériale, M. Emile Ollivier ne l'avait pas publiée encore, el la• France ne savait pas exact~mcnl à quel degré de confiance il était parvenu dans l'esprit du souverain. On pouvait même croire, à voir comment son idée d' « empire libéral " avait élé livrée à des mains ennemies qui la tournaient en caricature, qu'il n'était qu'une pauvre dupe dont on avait excité la vanité pour le compromettre et dont on exploitait les formules libérales pour mieux préparer un rajeunissement de l'absolutisme. En fait, il était pour Napoléon Ill une réserve, el au mom~nl où il définissait ainsi la politique de la France à l'égard de l'Allemagne, M. Emile Ollivier &Yaitle droit de considérer qu'il était, pour un avenir plus ou moins prochain, un ministre possible. Ainsi, à la fin de 1867, un grand fait sa produisait dans la conscience frantaise. L'opposition se décom1>0sail en deux fractions, l'une intransi~nle et irréconciliable, qui croyait que le renversement d~ l'Empire était la condition absolue de l'avènement de la liberté, l'autre-
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