HISTOIRE SOCIALISTE 135 qu'inclinait son esprit. El, quand ,ient la crise de Sadowa, c'esl lui qui inlerprèle les événements d'Allemagne avec le plus de liberté el de largeur de pen$ée. Certes il condamne comme violentes, comm~ ,, jacobines », les annexions opérées par M. de Bismarck : mais il no méconnall pas la force du sentiment national qui conspire avec lui. Il rappelle que la Saxe vaincue, obligée par la force des armes d'entrer dans la Confédération du Nord, vient de nommer des députés au Parlement du .\"ord fl!vorables à l'ordre nouveau. El surtout, après des réserves sur le passé, il a le courage de conclure pour l'avenir à l'acceptation hardie el loyale de l'Allemagne nouvelle. « Les faits sont regrellables, mais ils sont consommés; nous a,·ons dù les laisser s'accomplir. Quelle attitude devons-nous prendre désormais., Telle esl l'interrogation à laquelle il me reste à répondre résolument, sans équiroque, sans tergirnrsatiou, ni dans la pensée, ni dans la parole. « Pour éluder la difficulté. ne nous faisons pas d'illusions. M. GarnierPagi·s vient de vous dire (c'est le 15 mars 186ï que M. Emile Ollivier s'exprime ainsi) que ce que fait M. de Bismarck ne durera pas. Eh! bien, il se trompe. Ce que fait JI. de Bismarck durera, et 11011 seulement ce qu'il /ail durera, mais ce qu'il fait s'étendra. (Mouvements prolongés en sens divers.) Ce que fait M. de Bismarck s'étendra; et un jour va arriver, jour plus ou moins prochain mais certain, où la Confédération <luSud s'étant organisée militairement à la prussienne, la Confédération du :\'ord étant définitivement constituée, les deux Confédérations iront l'une vers l'autre el se tendront la main à travers le }lein, malgré le lrailé de Prague. (.\'ouueaux mouvemenls.) Messieurs, les interpellations qui se discu.lenl aujourd'hui n'auraient aucune signification si elles n·amenaient pas des explications el un débat sur ce fail. ( C'est vrai! Parle; ! Parle:!) Oui, un jour viendra où la Confédération du Sud organisée voudra s'unir à la Confédération du Nord organisée! Ce jour-là, que ferez-vous., Ce jour-là, que devons-nous faire·> (llfouvemenl d'atlenlion.) « Je n'hésite pas à dire que c'est le problème le plus grand qui se soit imposé depuis longtemps à la méditation el à la responsabilité du Gouvernement français, el suivant la manièredonl il sera résolu, nous irons à la paix ou à Ul)esérie de tulles interminables. « Pour moi, une politique inadmissible, c'esl celle qui consiste à dire : Ce qui s'est passé a humilié, abaissé la France; subissons-le a,·ec résignation; essayons seulement d'empêcher que l'œuvre commencée ne se termine. Je ne puis pas m'associer à ce langage. Si la France a été abaissée, si la France a élé humiliée, si la France a été diminuée, je ne comprends pas qu'elle accepte l'humiliation, je ne comprends pas qu'elle accepte la diminution. Si l'élablissemenl de la Confédération est un péril, si elle est un affaiblissement, je dis à mon pays: O mon pays ne recule pa& devant le péril, ne courbe pas la tète sous l'humiliation; hre l'épée, venge ton honneur cl rétablis la puissance ( Vif
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